Ou : « Koïzi
Prévenu de leur dessein, Amar se cacha parmi la troupe de gens qu'on appelait les Souma et dont la fonction consistait à faire cortège* au prince lors de son entrée dans la salle du trône. La coutume voulait que ces Souma fussent vêtus d'un burnous, aussi Amar en revêtit-il un également, puis quand Askia-Ishâq eut fait son entrée au palais, il en sortit aussitôt, car la situation troublée ayant alors pris fin, personne n'aurait pu dès lors commettre une agression contre quelqu'un.
Dès que Bokar-ben-Askia-Mohammed-Benkan eut appris Pélévation au trône de Askia-El-Hâdj-Mohammed (> n v), il quitta Kala, où il se trouvait, et partit avec son fils Marbâ pour se rendre à Kâgho. Il fut reçu avec beaucoup d'égard par Askia-El-Hâdj qui lui conféra les fonctions de Bâgbena*- Fâri. Après cela Bokar retourna à Tendirma puissant et honoré. Ainsi que son fils il fut considéré comme faisant partie de l'armée de Kormina.
On rapporta ensuite à Askia-El-Hâdj que Fondoko- Boubo-Maryama avait juré que jamais sa tête ne passerait sous la porte du palais du prince. Askia-El-Hâdj donna aussitôt l'ordre au Bâghena-Fâri, Bokar, de se rendre auprès de Fondoko, de le circonvenir habilement de façon à ne pas éveiller sa méfiance et lui permettre de fuir, puis de l'arrêter et de le lui amener. Bokar se conforma à ces instructions; il arrêta Fondoko, l'amena au prince et le lui présenta couvert de chaînes de fer. « Eh! bien, Ibn-Maryama, lui dit Askia-El-Hâdj, c'est donc toi qui as juré que jamais ta tête ne passerait sous la porte de mon palais. — Dieu bénisse votre vie, prince! s'écria Fondoko; ne vous hâtez pas et,
i. Le texte n'explique pas le rôle des Souma; il ne dit pas s'ils assistaient chaque fois à l'entrée du prince dans la salle d'audience ou s'ils ne devaient se trouver là que le jour de son élévation au trône.
2. L'orthographe du ms. C est Bâghen. C'est du chef du Bâghena qu'il s'agit sûrement.