‹ Tarikh es-SoudanChapitre 172 sur 405 · CHAPITRE DIX-nUlTIÉME · texte numérisé non relu

CHAPITRE DIX-nUlTIÉME

avant d'agir, laissez-moi vous parler. — « Parle ! répliqua le prince. — Je jure devant Dieu, reprit Ibn-Maryama, que je n'ai jamais dit pareille chose; ce sont mes ennemis, ceux qui ne veulent que ma mort, qui ont imaginé ces propos. D'ailleurs, où donc aurais-je pu fuir pour vous échapper? »>

Le prisonnier fut emmené sur l'ordre du prince et il se passa quelque temps sans que personne sût ce qu'il était devenu, si bien que tout le monde s'imagina qu'il n'était plus de ce monde. Puis, un certain jour, le prince se le fit amener devant lui et lui dit : « Je veux te rendre ton sultanat. » Fondoko remercia le prince de sa bienveillance, lui souhaita toutes les prospérités et répondit : « Si vous me laissez libre de choisir, eh! bien je vous dirai que je n'en veux plus. — Et alors que veux-tu? demanda le prince. — Rester ici auprès de vous, répliqua-t-il, et vous servir. » Cette réponse produisit grand effet sur le prince qui l'eu récompensa en lui donnant dix chevaux, de nombreux esclaves, une maison, enfui tout ce qu'il pouvait désirer ou souhaiter. Ibn-Maryama demeura donc à Kàgho puissant et honoré. Hamda-Amina le remplaça comme chef de la population du Màsina!

A la fin de la matinée du dimanche, 11 du mois de redjeb de Tannée 991 (31 juillet 1583), mourut le cadi El- 'Aqib (nna). 11 avait fait régner l'équité dans tout son pays à un tel point que, dans aucune autre contrée, on ne lui connut d'émulé sous ce rapport. 11 était demeuré en fonctions durant dix-huit ans, et, entre sa mort et celle de Askia-Daoud, il s'écoula treize mois.

Le dimanche soir, 17 du mois de cha'ban de cette même année (5 septembre 1583), eut lieu la mort du jurisconsulte, du traditionniste, Abour-'Abbàs-Ahmed-ben-El-Hâdj-Ahmedben-Mohammed-Aqît (Dieu, le Très-Haut, leur fasse à tous miséricorde!).

Pendant une année et demie après la mort du cadi, du juste, El'-Aqib, les fonctions de cadi à Tombouctou restèrent sans titulaire. La raison de cette vacance fut que le prince Askia-El-Hâdj avait en vain offert cette situation deux ou trois fois au très docte jurisconsulte Abou-Hafs- Omar, fils du jurisconsulte Mahmoud', qui l'avait refusée. Durant ce tempsc'étaitMohammed-Baghyo'o, le Ouankoré, qui tranchait les différends qui surgissaient entre les mulâtres^ et les gens de passage, tandis que le mufti, le jurisconsulte Ahmed- Ma'yâ^ réglait les contestations qui s'élevaient entre les habitants de Sankoré.

Cette situation menaçait de se prolonger, quand le cheikh béni, le jurisconsulte vertueux Takonni* manda en secret à Askia-El-Hàdj d'écrire à Abou-Hafs Omar^ en lui disant que s'il n'acceptait les fonctions qu'on lui proposait, il se verrait obligé d'y nommer un ignorant, et qu'en conséquence, à dater de ce moment, il serait lui seul Abou-Hafs bientôt responsable devant Dieu des sentences rendues. En lisant cette lettre, Abou-Hafs se mit à pleurer et se décida à accepter les fonctions de cadi qu'il commença à exercer le dernier jour du mois de moharrem de Tannée 993 (i""" février 1585) et qu'il conserva pendant neuf années entières.

Au mois de safar de l'année 992 (13 février-13mars 1584), le Kormina-Fàri, El-IIàdi, avait quitté ïendirma et s'était rendu à Kâgho avec l'intention d'y provoquer une révolte et de s'emparer du pouvoir. Selon certains récits, ce serait ses frères qui, de Kàgho, où ils se trouvaient, lui auraient mandé secrètement que Askia-El-Hàdj n'avait plus la moin-

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