CHAPITRE DIX-HUITIEME
comba sous les coups. Quant aux biens des révoltés, ils furent entièrement {)illés. Le prince ordonna de conduire El-llàdi à Kanato et de l'y tenir enfermé. Cela fait, il nomma le Kala-Cha'a, Mohammed-Qaïa-benDenkelko aux fonctions de rii-Koï en remplacement de l'ancien titulaire, Bokar- Chîli-Idji. D'autre part, Mohammed, invité à désigner qui lui conviendrait le mieux pour lui succéder dans son ancien emploi^ choisit son fds Bokar qui devint donc Kala-Cha'a. Enfin le prince désigna son frère Hàmed pour être Balama', quand le Balama', Mohammed-Oua'o, mourut.
A cette époque, le sullan Maulay Ahmed-Ech-Cherif, le hachémite, envoya une ambassade avec de superbes cadeaux à Askia-El-Hâdj ; mais le véritable objet de la mission était de recueillir des informations sur le pays du Tekrour, et c'est dans ce but que Maulay Ahmed avait envoyé son ambassadeur à Kàgho. Le prince lit le plus brillant accueil à l'envoyé marocain et lui donna, au moment où celuici rentrait dans son pays, une quantité de présents double de celle qu'il avait reçue. Ces présents consistaient en esclaves, en musc, etc. et ils comprenaient en outre quatre-vingts eunuques.
Peu après cet évéuement on reçut la nouvelle qu'une armée de 20.000 hommes avait été envoyée dans la direction de Oueddàn par le sultan du Maroc qui lui avait donné l'ordre de s'emparer de toutes les villes qu'elle rencontrerait sur les rives du Fleuve ou ailleurs et de poursuivre sa route jusqu'à Tombouctou. Cette nouvelle causa le plus grand effroi parmi la population ; mais bientôt Dieu décima cette armée qui, éprouvée parla faim et la soif, s'éparpilla de tous côtés. Les survivants retournèrent dans leurs pays sans avoir rien accompli de leur dessein, et tout cela s'était accompli parla toute-puissance du Créateur.
Plus tard, le sultan du Maroc expédia un caïd avec deux
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cents soldats* à Teghâzza, avec ordre de s'emparer des gens de cette localité. Mais ceux-ci, prévenus à temps de l'arrivée de cette troupe, quittèrent Teghâzza et se réfugièrent, les uns à El-Hamdiya'*, les autres au Touât, ou ailleurs. Aussi, en arrivant avec sa troupe, le caïd trouva-t-il le pays abandonné; il n'y restait plus que quelques individus (>i\).ïous les notables se rendirent auprès de Askia-El-Hâdj, et le mirent au courant de ce qui s'était passé. D'accord avec les notables, le prince décida d'empêcher d'extraire du sel de la mine.
En l'année 994, au mois de chaaoâl (15 septembre-14 octobre 1585), on fit savoir que personne ne devait aller à Teghâzza et que quiconque s'y rendrait s'exposerait à perdre tous ses biens. Alors les Idelai^,qui ne pouvaient se résigner à manquer de sel, se répandirent de tous côtés pour en chercher : les uns allèrent à Tenaoudara, y pratiquèrent des fouilles à cette époque, et y trouvèrent du sel ; d'autres se rendirent ailleurs et, durant ce temps, la mine de sel de Teghâzza fut abandonnée. Le caïd et sa troupe retournèrent alors à Merràkech (Maroc).
Ce fut à cette époque également que Askia-El-Hàdj enleva à son oncle paternel, Seliman-Kankâka, les fonctions de Benka-Farma pour les confier à Mahmoud-ben-Askia- Isma ïl. Au mois de dzooul'hiddja qui termina cette année (13 novembre-12 décembre 1 586), les frères de Askia-El-Hàdj se révoltèrent contre lui ; il se rendirent à Karaï auprès de Mohammed-Bàno-ben-Askia-Daoud, l'emmenèrent avec eux et, après avoir déposé Askia-El-IIûdj, ils le nommèrent askia à sa place. Cet événement se passa le 4 du mois de moharrem, le premier mois de l'année 995 (15 décembre 1858). Peu de jours après cela, Askia-El-Hâdj mourait, après ayoir