Le texte porte : « le comme ceci de sa mère
dont il a été déjà parlé. Celui-ci en voyant la tente du Balama' lança son cheval à toute vitesse et quand il fut près du camp il s'écria : « Où est Sâlek? » Ce disant, il lança son javelot contre la tente qu'il faillit renverser pendant que le Balama' était à l'intérieur. Puis il retourna au galop en arrière. Alors arriva le corps des Touareg, puis toute la cavalerie de l'Askia, et tous fondirent sur le camp comme une nuée de sauterelles.
Le Balama' ainsi que ses compagnons se levèrent aussitôt, prirent leurs javelots et se préparèrent à combattre. Puis le Balama' excita (s va) son cheval et le lança dans la direction de l'Askia Ishaq; il trouva sur sa route Omar-Kato et Mohammed, fils de l'Askia-El-Hâdj. 'Omar-Kato lui lança alors à la tête son javelot, mais le trait ricocha en l'air parce qu'il avait atteint le casque que le Balama' avait sur la tête. «Comment 'Omar-Kato, mon fils, c'est toi qui lances le fer contre moi? s'écria le Balama \ — Tonkara (ce mot était un titre honorifique donné au Balama' et au Kormina-Fâri), répondit 'Omar, aucun de nous, si l'Askia lui avait donné la situation que tu occupes, n'aurait fait autrement que de la remplir avec fidélité. » Ces paroles brisèrent le cœur du Balama' qui revint à la charge contre son adversaire* et ne cessa avec ses compagnons de lutter tout le jour contre les troupes de l'Askia, mais vaincu il dut s'enfuir à Torabouctou, tandis que l'Askia rentrait dans son palais et ordonnait h ses hommes de poursuivre le fuyard et de l'arrêter partout où il irait.
Les habitants de Tombouctou n'avaient aucune nouvelle de ce qui s'était passé lorsque brusquement, le mercredi, 28 du mois de djomada I"" (25 avril 1588), ils virent arriver le Balama' qui avait réussi à s'échapper, et qui leur annonça que ses troupes avaient été mises en déroute. Il leur raconta