‹ Tarikh es-SoudanChapitre 183 sur 405 · CHAPITRE VINGTIEME · texte numérisé non relu

CHAPITRE VINGTIEME

que le vendredi, pendant qu'il était à Konbo-Koraï, il avait vu s élever un immense nuage de poussière que soulevait une nombreuse armée de l'Askia, qu'une rencontre avait eu lieu, que le combat avait duré depuis neuf heures du matin jusqu'au coucher du soleil et qu'un grand nombre de combattants avaient péri. C'est alors, dit-il, que j'ai tourné bride avec le Honbori-Koï, le Bara-Koï et le Bàghena-Fâri, tous blessés sauf le Bâghena-Fâri.

Sâlek se rendit ensuite à Tendirma et traversa le Fleuve dans la direction du Gourma, emmenant avec lui le Honbori- Koï Mousa, et le Bena-Farma Dako. Il fut alors rejoint par les hommes envoyés à sa poursuite, arrêté et conduit à Kanato. Sâlek et le Bena-Farma Dako furent mis à mort dans cette localité sur l'ordre du prince et ils furent enterrés dans le voisinage des tombes de Benkan et de Hâdî. Ces (juatre tombes sont bien connues en cet endroit. Quant au Honbori- Koï, on l'amena (^v^) auprès de l'Askia qui le fit conduire à Sonkouro. Là il fut placé dans une peau de bœuf qui fut cousue sur lui, puis on le jeta ainsi dans un trou long de deux toises creusé dans 1 écurie, après quoi on le recouvrit de terre tout vivant. Ce fut ainsi qu'il mourut. Dieu nous préserve de la tyrannie des hommes!

Le prince envoya ensuite à Tombouctou des messagers chargés d'arrêter le Maghcharen-Koï Tibirt, le Tombouctou- Koï Bokar et de les mettre à mort ' en cet endroit Quant à El-Keïd-ben-Hamza, il lui fut fait grâce parce que c était un pauvre négociant, hâbleur, sans conséquence et dont il n'y avait pas à s'inquiéter. Le saint de Dieu Sidi Abderrahman, fils du jurisconsulte Mahmoud, a dit à ce sujet : Le prince aurait dû étendre son indulgence aux deux autres qui, eux

1. Le ms. C dit : « de séjourner », au lieu de « mettre à mort ». Les deux leçons s'expliquent difficilement, car il est dit, quelques lljçnes plus loin, que ces deux personnages furent ramenés à Kàgho, où ils furent mis à mort.

non plus, n'avaient aucune influence et ne pouvaient lui porter ombrage.

Quand les envoyés eurent ramené les deux prisonniers, le prince les lit mettre à mort; puis il donna l'ordre de rechercher tous les complices de Sâlek dans cette insurrection. Nombre d'entre eux furent mis à mort ; d'autres furent emprisonnés et beaucoup furent fustigés avec de lourdes lanières tressées.

Mohammed-Kaï-Idji, fils de Ya qoub, succomba sous les coups de fouet. Quant à Ya'qoub, fils d'Arbenda, comme on l'avait amené en présence du prince et qu'il avait commencé à parler d'une voix sourde, Ouanadou lui dit : « Fils de monseigneur, élève la voix. Etait-ce donc ainsi que tu parlais quand tu étais en présence de Salek? » Ya'qoub éleva alors la voix de telle façon qu'il dépassa les bornes permises, Ouanado avait voulu ainsi aggraver sa situation. Aussi Ya'qoub fut-il frappé au point qu'il faillit périr sous les coups; néanmoins il n'eu mourut pas.

L'Azaoua-Farma, Bokar-ben-Ya'qoub, emprisonné à Karabara ', y demeura jusqu'à ce qu'il fut mis en liberté par le pacha Mahmoud-ben-Zcrgoun ; le Bara-Koï ainsi que le Kala- Chà'a, Hokar, furent jetés dans la même prison ; ils recouvrèrent leur liberté lors de la révolution accomplie^ par le pacha Djouder; ils revinrent alors dans leur pays respectif et reprirent leurs fonctions sans que personne eût donné aucun ordre à ce sujet. On amena ensuite Bonbeker-ben-El- Feqqi-Donko. Quand il fut en présence du prince, celui-ci lui dit : « Eh! bien, le Koychà\ te voilà toi qui, durant toute ta longue existence, n'as pas réussi à trouver une situation qui te permette d'abriter ta vieillesse sous un turban M » Puis

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