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CHAPITRE VINGT-ET-UNIEME

l'iniquité dont il avait été ainsi la victime. Ce fut lui qui annonça le premier l'arrivée de Tarmée marocaine au bord du Niger. La première personne dont le prince lui demanda des nouvelles fut Ba-Hasen. «Ba-Hasen, répondit-il, est peutêtre bien portant. » Ensuite le prince s'informa du caïd Ahmed-ben-El-Haddâd et du pacha Djouder. Puis il écrivit à ce dernier de payer la valeur des chameaux qu'il avait pris.

Les Marocains reprirent ensuite leur marche; ils se dirigèrent (m») vers la ville de Kâgho et rencontrèrent sur leur route le prince Askia-Ishâqà un endroit appelé fenkondibo'o, près de Tonbodi. Le prince songhaï était à la tête de 12.500 cavaliers et 30.000 fantassins. La réunion de ces troupes ne s'était pas faite plus tôt parce que les gens du Songhaï ne pouvait croire à la nouvelle de l'expédition et qu'ils avaient attendu son arrivée sur les bords du Fleuve.

La bataille s'engagea le mardi, 17 du mois indiqué précédemment (12 avril). En un chn d'oeil les troupes de l'Askia furent mises en déroute. Parmi les personnes notables qui périrent dans cette bataille on cite parmi les cavaliers : le Fondoko Boubo-Meryama, l'ancien chef duMàsina révoqué; le Cha'-Farma Ali-Djâouenda ; le Binka-Farma 'Otsmân- Dorfan-ben-Bokar-Kirin-Kirin, le fds du prince Askia-El- Hâdj-Mohamraed ; il était alors très âgé et Askia-lshâq l'avait nommé Binka-Farma lorsque le Binka-Farma Mohammed-Heika était mort, ainsi que nous l'avons dit, dans l'expédition de Nemnatako.

Il périt également ce jour-là un grand nombre de personnages parmi les fantassins. Quand l'armée fut défaite ils jetèrent leurs boucliers sur le sol et s'accroupirent sur ces sortes de sièges, attendant l'arrivée des troupes de Djouber qui les massacrèrent dans cette attitude sans qu'ils fissent résistance et cela parce qu'ils ne devaient point fuir en cas

de déroute. Les soldats marocains leur enlevèrent les bracelets d'or qu'ils avaient au bras.

Askia-Ishâq tourna bride et s'enfuit avec le reste de ses troupes; puis il manda aux gens de Kâgho de quitter la ville et de fuir de l'autre côté du Niger dans la direction du Gourma; il envoya également la même recommandation aux habitants de Tombouctou et, poursuivant sa route sans passer par Kâgho, il arriva en cet équipage à Koraï-Gourma. Arrivé là, il y campa avec le reste de ses troupes, au milieu des pleurs et des lamentations. Ce fut au milieu de cris et de vociférations que l'on commença à grand'peine à traverser le Fleuve dans des barques. Dans la bousculade qui se produisit beaucoup de gens tombèrent dans le Fleuve et y périrent (> t n); on perdit en outre une quantité de richesses telle que Dieu seul en connaît la valeur.

Quant aux gens de Tombouctou, il leur fut impossible de quitter la ville et de traverser le Niger à cause des obstacles qu'ils rencontrèrent et des difficultés de la situation. Seuls, le Tombouctou-Mondzo Yahya-ould-Bordam et les serviteurs de l'Askia qui se trouvaient là quittèrent la ville et allèrent camper à Elkif-Kindi, localité voisine de ïouya.

Le pacha Djouder poursuivit sa route avec son armée jusqu'à Kâgho. 11 ne restait plus personne dans cette ville sinon le khatib Mahmoud-Darâmi, vieillard âgé à cette époque, et les étudiants et négociants qui n'avaient pu sortir et prendre la fuite. Le khatib Mahmoud vint au-devant des Marocains; il leur souhaita la bienvenue, leur témoigna de la déférence et leur offrit une magnifique et large hospitalité. Il eut avec le pacha Djouder des conférences et de longs entreliens au cours desquels on lui témoigna les plus grands égards et la plus haute considération.

Djouder manifesta le désir de pénétrer dans le palais du prince Askia-Ishâq; il fit en conséquence venir des témoins

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