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CHAPITRE VINGT-ET-UNIÈME

Tout changea à ce moment (\i^) : le danger fit place à la sécurité; la misère à l'opulence; le trouble, les calamités et la violence succédèrent à la tranquillité. Partout les gens s' entre-dé vorèrent ; en tous lieux et en tous sens les rapines s'exercèrent et la guerre n'épargna ni la vie, ni les biens, ni la situation des habitants. Le désordre fut général, il se répandit partout, s'élevant au plus haut degré d'intensité.

Le premier qui donna le signal de ces violences fut Sanba- Lamdou, le chef de Donko; il ruina le pays de Ras-el-mà; il s'empara de tous les biens, fit périr un certain nombre d'habitants et réduisit en esclavage quantité d'hommes libres. Son exemple fut suivi parles Zaghrâniens qui dévastèrent le pays de Bara et celui de Dirma. Quant au territoire de Dienné il fut saccagé de la façon la plus horrible par les Bambaras idolâtres qui, à Test comme à l'ouest, au nord comme au sud, détruisirent tous les village, pillèrent tous les biens et firent des femmes hbres leurs concubines avec lesquelles ils eurent des enfants qui furent élevés dans la religion des mages* (Dieu nous préserve dételles calamités!). Toutes ces atrocités furent exécutées sous la direction du Ghâ'a-Koï, de Qàsem, fils du Binka-Farma Alou-Zolaïl-ben-Omar- Komzàgho,le cousin paternel du Bâghena-Fâri et de Bohom, fils du Foudoko Boubo-Maryama, du Mâsina.

Parmi les chefs païens qui conduisaient ces hordes de brigands on cite : Mansa-Sàma dans le pays du Fadoko^ ; Qâïa- Bâbo, dans le pays de Koukiri, du côté de Kala. Du côté du Chili et du Bindoko, on trouvait : Salti-Sanba-Kisi, le Peul, à la tête de la tribu des Ourourbi ; Salti-Yorobara, père de Hamda-Soulo, le Peul, à la tête de la tribu des Djaloubi établis du côté de Foromàn; Mansa-Magha-Ouli , père de Kin'i-Koï, un des douze sultans du Bindoko, nombre égal à

i. Ce mot est pris ici dans le sens de fétichistes ou païens. 2. Ou « Fadiio ».

celui qu'ils étaient dans le pays de Kala,et Bonkouna-Kendi, etc.

Ces troubles se renouvelaient sans cesse et allaient toujours en grandissant, tandis que, depuis le jour où le prince Askia-El-Hâdj-Moharamed était monté sur le trône du Songhaï f\ti), aucun des chefs d'aucune région n'avait osé s'attaquer aux souverains du pays, tant Dieu leur avait départi de force, de vigueur, d'audace, de courage et de majesté. Bien, au contraire, c'était le prince qui allait attaquer ces chefs dans leur pays et le plus souvent Dieu lui accordait la victoire, ainsi qu'on l'a vu dans les récits de l'histoire du Songhaï.

Les choses durèrent ainsi jusque vers le moment où la dynastie songhaïetira à sa fin et où son empire cessa d'exister. A ce moment la foi se tranforma en infidélité ; il n'y eut pas une seule des choses défendues par Dieu qui ne fut pratiquée ouvertement. On but du vin ; on se livra à la sodomie et quant à l'adultère il était devenu si fréquent que sa pratique semblait devenue hcite. Sans lui pas d'élégance, pas de gloire : c'était à tel point que les enfants des sultans commettaient l'adultère avec leurs sœurs.

On raconte que le fait se produisit la première fois à la fin du règne du sultan, le juste, le prince des Croyants, Askia- El-Hâdj-Mohammed, et que ce fut son fils Yousef-Koï qui imngina ce genre de débauche. Quand le pèreappritla chose il entra dans une violente colère et maudit son fils en demandant à Dieu qu'il le privât de sou membre viril avant d'entrer dans l'autre monde. Dieu cxauçacevœu et une maladie fit perdre au jeune prince l'organe de sa virilité. (LeCielnous préserve d'un pareil sort!) La malédiction s'étendit au fils de Yousef, Arbinda, père du Bana-Koï* Ya'qoub, car à la suite

i. Ms. C. donne « Toni-Koi ».

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