‹ Tarikh es-SoudanChapitre 205 sur 405 · CHAPITRE XXn · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXn

ASKIA-MOHAMMED-KAGHO. — ASKIA-NOUH. - RÉVOLTE DE DIENNÉ.

L'armée revint ensuite auprès deAskia-Mohammed-Kâgho. Quand la cérémonie de la prestation du serment de fidélité

eut pris fin, le prince envoya l'ordre de mettre en liberté ses deux frères, le Fâri-Mondzo, Thafa, et le Bental-Farma, Nouli. Ces deux fils de Daoud avaient été internés dans le pays de Dendi par leur frère Askia-Mohammed-Bâno. Quant à ses autres frères, fils de Askia-Daoud, ils commencèrent aussitôt (n 0 .) à prendre la fuite et se réfugièrent auprès des Marocains.

Le premier qui se réfugia auprès de l'ennemi fut le Da'a- Farma révoqué, Seliman, fils de Askia-Daoud ; il alla trouver le pacha Mahmoud qui lui fit bon accueil. Cet événement inspira des craintes à Askia-Mohammed-Kàgho qui envoya demander de prêter serment de fidélité au sultan Maulay Ahmed. Son secrétaire, Bokar-Lanbàro, fut chargé de cette mission qui fut couronnée de succès.

A ce moment la disette se fit sentir dans l'armée du pacha et l'on en vint à manger les bêtes de somme. Mahmoud fit alors mander à Askia-Mohammed-Kâgho de lui venir en aide et de lui envoyer des aUments quelconques. Le prince donna l'ordre de moissonner toutes les céréales qui pouvaient l'être à ce moment du côté du Haousa : c'était du millet blanc que l'on expédia aussitôt aux Marocains.

Peu après, le pacha Mahmoud fit dire à l'Askia de se rendre auprès de lui pour prêter serment de fidélité. Comme le prince allait se mettre en route, il en fut détourné par les gens avisés de son entourage et, entre autres, par le Hi- Koï Laha. « Pour moi, dit ce dernier, je n'ai pas confiance en ces gens-là. Si tu es absolument décidé à te rendre auprès du pacha, tu devras envoyer chacun de nous isolément l'un après l'autre. Si vous le désirez je m'y rendrai moLr même le premier. Si on me tue, il ne vous arrivera aucun mal et j'aurais été en quelque sorte votre rançon; si j'échappe à tout danger, alors que les autres personnages agissent comme moi et ce sera toi enfin, prince, qui seras le der-

Page 1