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CHAPITRE VINGT-DEUXIÈME

nier à venir. Les Marocains ne pourront alors te faire aucun mal puisque cela ne saurait en rien leur servir. »

Cet avis ne fut pas approuvé par le secrétaire Bokar-Lanbâro et tout le inonde se mit en route à la fois. Quand on fut à une faible distance des Marocains, Askia-Mohammed- Kâgho fit demander une audience au pacha Mahmoud qui expédia aussitôt quarante des notables et principaux chefs de Farmée à sa rencontre. Ces personnages n'avaient ni équipement, ni armes, aussi le Hi-Koï Laha engagea-t-il ses compagnons à les tuer en disant : « Faisons disparaître tous ces dignitaires et l'armée marocaine n aura plu s aucun chef. » Askia-Mohammed-Kâgho se préparait à suivre ce conseil lorsque, voyant cela, le secrétaire Bokar jura au prince qu'il ne trouverait auprès du pacha Mahmoud autre chose qu'une sécurité absolue sous la protection et la sauvegarde de Dieu. Le prince écouta ces paroles et agit en conséquence.

Quand les dignitaires marocains furent en présence de l'Askia, ils le saluèrent et lui transmirent les salutations du pacha Mohammed avec ses souhaits de bienvenue; puis ils se mirent en marche précédant l'Askia et ses compagnons. Le pacha, qui avait déjà dressé ses filets de perfidie et de trahison, avait fait préparer un excellent repas. A peine avait-on commencé de manger qu'on se saisit du prince et de ceux qui avaient pénétré avec lui (n«>) dans la tente du pacha Mahmoud et qu'on les dépouilla de leurs armes.

Les gens du Songhaï, qui se trouvaient derrière les tentes, ayant eu vent de ce qui venait de se passer, prirent aussitôt la fuite. Ceux d'entre eux que la volonté divine avait décidé d'épargner se tirèrent d'affaire, mais ceux dont la mort avait été prédestinée succombèrent sous les coups de sabre ou sous le feu des mousquets.

Parmi ceux qui réussirent alors à s'échapper se trouvait :

'Omar-Kato, fils du Kormina-Fâri, Mohammed-Benkan, fils du prince Askia-Daoud. I^^n fourchant le cheval de Askia- Mohammed-Kâgho, il s'enfuit et, grâce au Ciel, il échappa aux nombreuses balles qui furent tirées contre lui. Haroun- Dankataba,fîls de Askia-Daoud, réussit également à prendre la fuite et à se tirer d'affaire. Blessé de douze coups de sabre, il se jeta dans le Fleuve et le traversa à lanage. Mohammed- Sorko-Idji, fils du prince Askia-Daoud, ainsi que d'autres personnages purent également se sauver.

Quant à Askia-Mohammed-Kâgho,ilfut chargé de chaînes de fer, ainsi que dix-huit personnages d'importance, entre autres : le Hi-Koï Laha; le Kormina-Fâri Mohammed, fils du prince Askia-Jsraa'ïl, fils du prince Askia-El-Hâdj-Mohammed; le Fâri-Mondzo, San, fils du prince Askia-Daoud; le Dendi-Fâri El-Mokhtâr; le Kouma-Koï, etc.

Le pacha envoya tous ces personnages à Kâgho ; il les adressa au caïd Hammou-Barka, qu'il avait nommé son lieutenant dans cette ville, et lui enjoignit de les mettre en prison dans une des pièces du palais du souverain. Ensuite il donna l'ordre de les faire périr et tous furent écrasés sous les murs de la pièce où ils avaient été enfermés. Il y furent ainsi enterrés à l'exception d'un seul, le Hi-Koï Laha ; comme, lors de l'entrée des Marocains à Kâgho, il avait cherché à empêcher ses compagnons d'aller au-devant de la mort, il fut tué et mis en croix à Kâgho.

'Ali-Tendi et Mahmoud-Forâro-ldji, tous deux fils du prince Askia-Daoud, qui avaient pris la fuite, s'étaient rendus à Kâgho. Arrivés dans cette ville, ils allèrent trouver le khatib Mahmoud-Darâmi et le saluèrent. Puis, comme celui-ci leur demandait pourquoi ils étaient venus, ils répondirent qu'ils voulaient faire leur soumission au pacha Mahmoud. Le khatib les détourna de ce projet et les engagea vivement à retourner auprès de leurs frères et concitoyens. « Notre

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