Ce nom ne figure pas dans le ms. C
CHAPÎTRE VINGT-DEUXIÈME 54l
Durant ces jours de troubles, il périt de part et d'autre nombre de gens dont Dieu avait décidé la mort. Parmi eux on cite Ould-Kirinfd, celui qui avait été la cause de la venue de l'armée de Djouder. Il était arrivé avec cette armée et était resté à Tombouctou avec le caïd El-Mostafa; il fut tué dans un des combats par les habitants de Tombouctou.
Aousenba-Et-Targui\ le Maghcharen-Koï, était venu avec ses hommes au secours de El-Mostafa. Ces Touareg mirent le feu à la ville, le vendredi, 14 du mois ci-dessus indiqué, et ils recommencèrent le lendemain. Ce fut un jour terrible pour les habitants de Tombouctou. Les Touareg s'approchèrent des maisons du cadi Omar pour y mettre le feu. Une des filles de ce magistrat accourut aussitôt auprès de son père et lui dit : « Aousenba s'est avancé dans son attaque jusqu'à la porte de la maison de Elfa'-'Abdo^ » Cet Elfa'-'Abdo était le jurisconsulte Abdallab, frère du cadi et fils du jurisconsulte Mahmoud. « Que Dieu, le Très-Haut, s'écria alors le cadi, fasse qu'une incursion arrive jusqu'à la porte de la maison d'Aousenba et que le plus vil des êtres le dompte et lui fasse un affront pareil à celui qu'il nous fait! »
Ce vœu fut exaucé : une expédition de Touareg Kel- Amini arriva jusqu'à la tente de Aousenba ; l'un d'eux y pénétrant le tua ; or ce meurtrier était le plus infime de ces Touareg. Cela se passa le dimanche, 22 du mois de châoual de l'année 1005(8 juin 1597). Aousenba avait été élevé dans la famille du cadi ; il y avait fait ses études et, devenu grand, il avait été traité comme un enfant de la maison. Plus tard il se conduisit comme il vient d'être dit avec traîtrise et perfidie (Dieu nous préserve d'une telle hypocrisie (>«v) et d'une aussi triste fin!).
1. « Et-Targui » signifie « le Touareg « ; ce mot pourrait ne pas faire partie du nom et être une simple épithcle.