Ce mot 'Abdo est ici l'abréviation de Abdallah
{Histoire du Soudan.) 16
L'affaire de la grande mosquée eut lieu le jeudi, 4 du mois de safar rexcellent {21 novembre 1591). Les gens sortirent pour abattre les maisons le mercredi, 24 du mois qui vient d'être cité (9 décembre 1591). Ce fut le vendredi, 26 du même mois (11 décembre 1591), qu'arriva Barâî-Chîgho pour s'occuper de l'argent que l'Askia devait remettre à Djouder pour la conclusion de la paix ; il quitta Amazagha pour se rendre à Tenbahouri le jeudi, 9 du mois de rebi' I" (2K décembre 1591).
Le pacha Mahmoud fut informé de ce qui s'était passé entre les habitants de Tombouctou et le caïd El-Mostafa; il apprit que des combats avaient eu lieu, que El-Mostafa et ses compagnons étaient assiégés dans le casbah et la nouvelle lui en fut apportée par Mâlek, le père de Mohammed-Dara, que le caïd lui avait envoyé. Le pacha expédia aussitôt le caïd Mâmi-ben-Barroun à la tête de 324 fusiliers, pris deux par deux dans chacune des tentes. Avant d'arriver à Tombouctou, aucun de ces hommes ne fut mis au courant de ce qui s'était passé.
Mâmi avait reçu pour instructions d'arranger les choses avec les habitants de Tombouctou dût-il les faire périr jusqu'au dernier. C'était un homme intelligent, adroit et ingénieux. Il arriva avec ses hommes durant la douzième nuit de rebi'l", la nuit même de la nativité du Prophète (27 décembre 1591). Une grande terreur se répandit aussitôt dans la ville et beaucoup de personnes se jetèrent dans les déserts et les solitudes.
Le caïd Mâmi réconcilia le caïd El-Mostafa avec la population de Tombouctou. Ce fut une grande joie pour tout le monde. Tous ceux qui avaient fui la ville y rentrèrent; de ce nombre fut le commandant du port, Mondzo-Elfa'-ould- Zauka, qui ramena avec lui toutes les embarcations. A la suite de cette réconciliation, les habitants de la ville prêtèrent