CHAPITRE VINGT-DEUXIÈME
l'eau à ce moment arrivait jusqu'au pied de la citadelle, elle demanda aux habitants de la ville la permission d'y pénétrer.
Ni le Djinni-Koï, ni le Mondzo-Koï ne voulurent donner cette autorisation, parce qu'ils craignaient que ces gens ne voulussent provoquer des troubles. Ceux-ci insistèrent vivement pour être admis dans la ville, assurant qu'ils étaient venus uniquement pour prêter serment d'obéissance au sultan Maulay Ahmed-Edz-Dzehebi. Alors les gens de la ville leur envoyèrent Habîb-Torfi qui apporta un exemplaire du Coran et le Sahih de El-Bokhâri et leur demanda de jurer sur ces livres qu'ils n'avaient d'autre but que celui qu'ils avaient indiqué.
Bokar et ses compagnons, ayant prêté le serment demandé, entrèrent dans la ville. Mais le lendemain soir, au commencement de la nuit, toutes les mauvaises têtessetant jointes à eux, ils modifièrent leurs intentions et convinrent de revenir sur leur serment de fidélité et de choisir un askia pour souverain. Parmi les personnes qui prirent part à cette réunion on peut nommer Mohammed-ould-Banyâti , Sori-Soti et Kankan-Dentoura.
Deux ou trois jours après cela, les conjurés s'emparèrent du Djinni-Mondzo, Bokarna, et pillèrent toutes les richesses que renfermait sa maison. Ils arrêtèrent également le cadi marocain*, le chargèrent de chaînes et l'expédièrent dans la ville deBeled, une des villes du pays de Kala. Ensuite ils démolirent la maison dans laquelle on avait enfermé le jurisconsulte, le cadi Mohammed-Benba-Kenâti et, après avoir fait sortir le cadi de cette prison, ils lui intimèrent l'ordre de partir et d'aller dans n'importe quel pays il voudrait.
Rendu à la liberté, Mohammed-Benba se rendit chez le sultan de Ta'ba auprès duquel il demeura jusqu'à sa mort