‹ Tarikh es-SoudanChapitre 215 sur 405 · Ahmed-El-Filâli · texte numérisé non relu

Ahmed-El-Filâli

(Dieu, le Très-Haut, lui fasse miséricorde, et, dans sa grâce et sa générosité, lui accorde son indulgence!). On assure que, pendant tout le temps qu'il resta enfermé, Mohammed-Benba s'occupa uniquement à lire {n"v») le livre sacré de Dieu et cela nuit et jour. On cite de lui le prodige suivant : Le jour 011 il sor tit de prison on ne trouva pas dans toute la maison la moindre trace de déjections ni urine, ni excréments.

Ce jour-là on nomma cadi Mouri-Mousa-Dâbo qui fut maintenu dans ses fonctions par le Makhzen marocain après la fuite des rebelles. Ceux-ci décidèrent ensuite d'arrêter tous les négociants partisans du Makhzen et de confisquer leurs biens. Ils voulurent emprisonner, entre autres, Hâmi'-San- Sokar-Es-Senâouï qui était, dit-on, le plus considéré et le plus important des négociants.

Cette arrestation avait été décidée la nuit, pendant une veillée, dans la maison des rebelles. Quand Mohammed ould- Benyâti et Sori-Soti sortirent de la maison, ils allèrent trouver Fedji-Mâbi, la femme de Ilârni, et lui annoncèrent la nouvelle en secret en lui donnant Tordre de prévenir ce dernier. Fedji s'étant acquittée de la commission, Hâmi prévint son frère El-Hàdj-Bokar; puis, ayant réussi à se procurer une petite embarcation, il partit secrètement à la faveur de la nuit, prenant dans sa fuite la direction de Tombouctou.

Le lendemain, la nouvelle de cette fuite ayant été connue, le Bâghena-Fâri envoya à la poursuite du fugitif et pour le ramener des gens qui montèrent l'embarcation du Fenfa* Bâmo'aï-Fîri-Firi. El-Iiâdj-Bokar manda aussitôt le Fenfa chez lui et lui promit de l'argent pour qu'il ralentît la marche de son bateau de façon à laisser à son frère le temps d'arriver en lieu sûr. Le Fenfa accepta cette proposition.

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