CHAPITRE VINGT-TROISIÈME
Dendi, manda alors au caïd El-Mostafa de mettre à mort les deux chérifs,le cheikh Mohammed-ben-'Otsmâu et Bababou-'Omar, fils de la fille du chérif Ahmed-Es-Seqli. Ces deux personnages furent tués de la façon la plus cruelle sur le marché par l'ordre du hàkem 'Ali-Ed-Deràouï. Le chaouch El-Kâmel, qui accomplit cette exécution, coupa les deux mains et les deux pieds des victimes avec une hache et abandonna ensuite sur place ces malheureux ainsi mutilés qui ne tardèrent pas à mourir dans cette situation. (Nous appartenons à Dieu et c'est vers Lui que nous devons revenir.) Ceci se passa le jeudi, 9 du mois sacré de moharrem (n"iv), le premier des mois de Tannée 1001 (16 octobre 1592) ; ce mois commença un mercredi, le 5 octobre *.
Les corps des deux suppliciés furent enterrés dans une même fosse tout près du tombeau de Sidi Aboul-Qâsem-Et- Touâti. Aussitôt après cette exécution le ciel s'était tout à coup obscurci et une poussière rouge avait envahi l'atmosphère. Ces deux personnages, qui appartenaient à la fîère descendance de la famille de Prophète (que Dieu répande sur lui le salut et lui accorde sa bénédiction!), périrent en véritables martyrs (que Dieu leur témoigne sa satisfaction et leur fasse miséricorde!). La main de l'exécuteur resta desséchée jusqu'à sa mort, et, bientôt, la fille du Prophète- demandera compte à ce chaouch de ce qu'il a fait.
Au mois de safar de cette même année (7 novembre-6 décembre 1 592), le jurisconsulte, le cadi Abou Hafs-'Omar, fils du saint de Dieu, le jurisconsulte, le cadi, Mahmoud-ben- Omar (Dieu leur fasse miséricorde et nous fasse profiter de leur bénédiction!), envoya Chems-Ed-Dîn, fils de son frère le cadi Mohammed, porter une lettre au cheikh béni, Sidi Ab-