CHAPITRE VINGT-QUATRIÈME
lança un coup de pied et lui donna l'ordre de se mettre en route sans achever son ablution. Le saint ne bougea pas, acheva son ablution et enfourcha ensuite sa monture. Feriro se mit en selle également; mais, peu après, son chameau s'emportant le jeta à terre. Dans sa chute Feriro se brisa la colonne vertébrale ' et mourut sur-le-champ.
Lorsqu'on arriva en vue de la ville de Merrâkech, le jurisconsulte, le cadi Abou-Hafs-'Omar, fils du jurisconsulte Mahmoud, lança en ces termes une imprécation contre les habitants de cette ville : « 0 mon Dieu! ainsi qu'ils nous ont tourmentés et fait sortir de notre pays, tourmente-les à ton tour et fais qu'ils soient obligés de quitter leur patrie! » Dieu exauça cette imprécation, car du jour de leur entrée à Merrâkech commença pour cette ville une ère de calamités.
Aussitôt que les jurisconsultes eurent quitté Tombouctou, le pacha Mahmoud-ben-Zergoun fit changer l'emplacement du marché^ et le transporta du côté de la porte de la casbah. Ce changement eut lieu le jeudi, 6 du mois de cha'ban de Tannée précitée (27 avril 1594).
La caravane arriva à Merrâkech le premier jour du mois de ramadan de cette année (l^juin 1594), à ce que rapporte le très docte Ahmed-Baba (que Dieu lui fasse miséricorde et nous fasse bénéficier de sa saiiiteté!) dans son livre intitulé Dzeil-Ed-Dibddj . Dans ce même ouvrage Ahmed-Baba dit à ce sujet : « Ainsi que les membres de sa famille, il ('Omar) subit de cruelles épreuves (> vi) ; il fut interné dans sa propre ville au mois de moharrem de l'année 1002 (octobre 1593) sur l'ordre de Mahmoud-ben-Zergoun, après que