‹ Tarikh es-SoudanChapitre 233 sur 405 · CHAPITRE VINGT-QUATRIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE VINGT-QUATRIÈME

celui-ci y vit figurer la mention de sommes énormes et, après avoir reçu tout d'abord les sommes qui venaient de lui être apportées, il demanda ce qu'était devenu tout cet argent. L'amin répondit que le pacha Mahmoud avait dilapidé ces fonds et les avait gaspillés.

Mais le prince apprit que Hammou-Haqq ne lui avait pas remis en entier les sommes qu'il avait par-devers lui, qu'il en avait détourné une partie, 20.000 pièces d'or qu'il avait enfouies dans un jardin qu'il possédait au Der'a. En conséquence il le fit arrêter et mettre en prison, puis il écrivit au caïd El-Hasen-ben-Ez-Zobeïr, qui était à Tombouctou, pour lui annoncer qu'il le nommait amin et que Baqqâs devrait se rendre dans la ville de Dienné (nv©) pour y exercer les fonctions d'amin. Hammou-Haqq resta en prison jusqu'à sa mort, et ce fut alors seulement que l'on découvrit l'or qu'il avait volé et enfoui. Grâce à la volonté de Dieu et à son pouvoir, le sultan rentra en possession de cet argent.

Après avoir fait de nouveaux préparatifs, le pacha Mahmoud recommença la guerre contre Askia-Nouh qui avait quitté le pays de Dendi et s'était transporté dans la région de El-Hadjar. Il prit avec lui toutes les troupes qu'avaient amenées le caïd Bou-lkhtiyâr, puis il se porta avec elles à la rencontre du pacha Djouder qu'il joignit à Konkoroubou et qui venait de la ville de Kâgho, et il lui offrit de l'emmener avec lui. Djouder demanda qu'on le laissât tout d'abord allei' jusqu'à Tombouctou y prendre un peu de repos, ajoutant qu'ensuite il ferait sa jonction. Mahmoud atteignit le pays de El-Hadjar et s'empara de Honbori et de Da nka et de toutes les dépendances de ces deux villes.

Le sultan Maulay Ahmed envoya alors au Soudan le caïd Mansour-ben-Abderrahmân avec l'ordre d'arrêter Mahmoudben-Zergoun et de lui infliger une mort ignominieuse. Le

fils du prince, Maulay Abou-Fârès, dépêcha aussitôt à son tour, et en lui enjoignant la plus grande diligence, un messager au pacha pour l'informer du but delà venue de Mansour-ben-Abderrahmân et l'engager vivement à prendre toutes ses mesures pour sa sécurité avant l'arrivée de ce caïd.

En recevant cette nouvelle, le pacha Mahmoud fut certain qu'elle était exacte, car il avait toujours été le serviteur fidèle de Maulay Abou-Fârès et lui avait été plus dévoué qu'aux autres fils du sultan Maulay Ahmed. Il se mit alors en marche avec ses troupes, emmenant avec lui Askia-SeUman et se dirigea vers les rochers de Almina-Ouâlo. On campa au pied de ces rochers, et, la nuit venue, le pacha décida de les escalader pour marcher contre les païens. Askia-Sehman s'opposa à ce projet en disant qu'il n'y avait pas lieu d'escalader ces rochers pendant la nuit pour livrer un combat. En disant cela, il ne doutait pas que le pacha voulait les conduire, lui et eux, à une mort certaine.

Vers la fin de la nuit, le pacha partit à la rencontre des païens, emmenant avec lui quarante soldats marocains et dix mulâtres des habitants de Tombouctou. Le reste de l'armée ne savait rien de ce départ lorsqu'elle entendit le bruit de la fusillade qui crépitait sur la montagne au moment du lever de l'aurore. Tout le monde, efî'rayé par ce bruit, se précipita vers l'endroit où était la tente du pacha et, ne Ty voyant pas, se porta vers la montagne où l'on trouva ceux qui (w^) avaient échappé au combat d'entre les compagnons dn pacha et qui annoncèrent que celui-ci était mort ainsi que le caïd 'Ali-ben-El-Mostafa et d'autres personnes encore dont Dieu avait décidé la mort ce jour-là.

Lorsque le pacha, al teint par les flèches, était tombé sur le sol, les gens de Torai)ouctou l'avaient aussitôt chargé sur leurs épaules pour le ramener au camp. Mais, serrés de près,

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