‹ Tarikh es-SoudanChapitre 236 sur 405 · CHAPITRE VINGT-QUATRIÈMI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VINGT-QUATRIÈMI

mit en marche et alla camper à Karabara où il s'arrêta pendant des mois parce qu'il était malade. 11 revint ensuite à Tombouctou et alla s'installer avec ses troupes dans son campement habituel. Ce fut là qu'il mourut de la maladie dont il était atteint, vers le moment du coucher du soleil, le vendredi, 17 du mois de rebi' P' de l'année 1005 (9 novembre 1596).

On prétend que Djouder aurait empoisonné Mansour et aurait ainsi causé sa mort; il aurait, assure-t-on, agi de même à l'égard du caïd Bou-lkhtiyâr qui ne tarda pas beaucoup à mourir après son arrivée au Soudan et qui fut enterré dans la mosquée de Mohammed-Naddi. Quant à Mansour, il ne fut pas enterré le jour même de sa mort, mais seulement dans la matinée du lendemain, le samedi. Après que les prières eurent été faites sur lui, il fut enseveli dans la mosquée de Mohammed-Naddi près du tombeau de Sidi Yahya. Plus tard son fds, venu de Merrâkech, transporta le corps de son père dans cette ville et lui donna là sa sépulture définitive.

Après la mort de Mansour, Maulay Ahmed envoya au Soudan le pacha Mohammed-Tâba'. Celui-ci, à la tête d'une armée de 1000 hommes tant fantassins que cavaliers, arriva à Tombouctou le lundi, 19 du mois de djomada I" de l'année 1006 (28 décembre 1507), et campa derrière la casbah du côté de l'est. C'était un homme âgé et un des caïds du sultan Maulay Abdelmalek ; il était homme d'expérience, avisé et prudent; il avait été jeté en prison par Maulay Ahmed au début de son règne et y était resté enfermé douze ans.

Mohammed-Tâba' se prépara à quitter son camp pour entreprendre une expédition dans le pays de El-Hadjar; il enleva à Djouder le commandement des troupes qu'il avait sous ses ordres (nva) et emmena avec lui le caïd El-

Mostafa-Et-Torki. Arrivé à Ankandi, Mohammed-Taba' y mourut le mercredi, 5 du mois de chaouàl (11 mai 1597); ou prétend que Djouder lui avait fait admimstrer du poison par Nâna-Torkia

Djouder était resté à Binka' pendant ce temps pour garder le pays. Le caïd El-Mostafa dut ramener ses troupes en arrière après avoir eu avec les habitants du pays de El- Hadjar un certain nombre d'engagements et après avoir été, lui aussi, à ce que l'on assure, victime d'un empoisonnement. Quand il arriva à l'endroit où se trouvait Djouder pour veiller à la défense du pays, celui-ci voulut lui reprendre le commandement des troupes et, comme El-Mostafa s'y refusait, le différend fut porté devant les chefs de l'armée. Ceux-ci donnèrent gain de cause à Djouder dont ils connaissaient fort bien la façon de commander et qui d'ailleurs avait toute l'armée dans sa main.

Tous se mirent ensuite en route pour Tombouctou. Quand on arriva au port de Koronozafi, Djouder donna l'ordre à El-Mostafa, qui était malade, de se rendre dans la ville de Tombouctou et de séjourner dans la casbah. Puis, dès que celui-ci fut parti, il envoya des gens sur ses traces avec ordre de le tuer avant qu'il arrivât dans la ville. Étranglé dans le village de Kabara par ces émissaires au nombre desquels figurait Ibrahim-Es-Sekhàouï, El-Mostafa mourut et son corps, transporté dans la ville, y fut enterré la première nuit du mois de dzou '1-hiddja qui acheva l'année 1006 (4 juillet 1598). Son tombeau se trouve dans le cimetière de la mosquée de Mohammed-Naddi.

Cette même année, c'est-à-dire en l'année 1006 (14 août 1597-4 août 1598), l'amin, le caïd El-Hasen-ben-Ez-Zobeir retourna à Merrâkech, emportant une somme considérable

1. Le ms. C donne Tombouctou, au lieu de Binka, ce qui est sûrement une cireur du copiste.

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