‹ Tarikh es-SoudanChapitre 241 sur 405 · CHAPITRE VINGT-CINQUIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE VINGT-CINQUIÈME

jusqu'au bras du Fleuve dans lequel les barques devaient passer pour se rendre à la ville'. Le combat s'engagea en cet endroit et ce ne fut qu'à la faveur d'une violente fusillade que les Marocains durent leur salut. Toutefois les barques réussirent à pénétrer dans la ville.

Le hâkem de Dienné, Seyyid Mansour, tint alors conseil avec ses compagnons les plus expérimentés. Le Kala-Cha'a Bokar émit l'avis de faire une sortie sur-le-champ, ce Si, ajouta-t-il, nous laissons passer cette nuit sans agir, toute la population du pays viendra se grouper autour de l'ennemi. » Alors Seyyid Mansour donna rendez-vous (nvv) à ses compagnons pour livrer bataille aussitôt après l'office du vendredi. A ce moment, en effet, la sortie eut lieu à laquelle prit part le Djinni-Koï Mohammed-Kinba-ben-Isma'ïl. En un clin d'œil le Melli-Koï et ses troupes furent mis en déroute et perdirent un grand nombre d'hommes.

Grâce à son cheval, le Melli-Koï put s'échapper. Il fut suivi par le Kala-Cha'a Bokar et par Sorya-Mohammed qui, l'ayant rejoint en lieu sûr, le saluèrent comme sultan et ôtèrent leurs bonnets pour lui rendre honneur ainsi que c'était leur coutume. « Maintenant, dirent-ils au prince, il vous faut accélérer votre marche, afin de ne pas être atteint par l'ennemi, sinon, si l'on vous atteignait et vous reconnaissait, on vous traiterait de la plus indigne façon. » Là-dessus ils prirent congé du prince et revinrent sur leurs pas.

Quand le combat et la poursuite furent terminés, tous les caïds et les troupes rentrèrent à Dienné le vendredi vers minuit, veille de la fête\ Aussitôt l'office de la fête terminé, on décida de diriger une attaque contre Hammedi-Amina

1 . Dans ce passage, qui n'exisle que dans les mss. A et B, le ms. B met la négalion, en sorte qu'il faudrait traduire, « dans lequel les barques ne devaient pas passer ».

2. La fête, dont il est question ici, est celle de la rupture du jeûne.

et ses tentes qui étaient alors dans la ville de Soa, bourg situé près de El-Medina*. Mais le Kormina-Fâri Bokarben-Ya'qoub représenta que ce personnage étant un nomade, sa puissance était peu redoutable et qu'il y avait beaucoup plus à craindre du Oma-Koï qui était un sédentaire et qui avait su entraîner le Melli-Koï dans l'expédition qu'il venait de faire contre eux.

S'en rapportant donc à l'appréciation du Kormina-Fâri, les Marocains se mirent en marche contre le Oma-Koï; ils détruisirent la ville de So'o^où ils firent un immense butin, car à cette époque c'était un grand centre commercial. Cela fait, ils revinrent à Dienné et conclurent la paix avec Hammedi-Amina à qui ils rendirent toute sa famille qu'ils avaient emmenée en captivité au cours de cette expédition. Ils révoquèrent Hammedi-'Aïcha et l'emmenèrent à Tombouctou où il resta emprisonné jusqu'au jour où il mourut sous le gouvernement du pacha Mahmoud-Lonko^

Quant à la paix dont il vient d'être fait mention, elle n'eut lieu qu'après la défaite de Seliman-Chaouch, lieutenantgénéral à cette époque. Cette défaite eut lieu dans les circonstances suivantes : Au moment où les troupes revenaient de l'expédition de So'a, le Fondoko Haminedi-Amina avait adjoint à ses troupes un grand nombre de païens du Bambara, puis il s'était mis en route vers l'est pour soulever le pays.

A cette nouvelle, les habitants de Dienné expédièrent un corps d'armée pour combattre le Fondoko et placèrent à sa tète le lieutenant-général Seliman-Chaouch, qui avait avec lui 1er Fondoko Hammedi-'Aïcha. Les deux troupes se ren-

1. Ou « près de sa capitale », si le mot « El-Medina » n'est pas un nom propre.

2. Ce nom est écrit plus haut : Soa; les Soudaniens confondent aisément les deux lettres* et c et les substituent l'une à l'autre non seulement dans les noms propres, 'mais encore dans les noms communs. On trouve aussi l'orthographe Soo,

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