CHAPITRE VINGT-SEPTIÈME
« D'ailleurs, ajoiita-t-il, ce trésor nous appartient et le caïd El-Hasan est notre amin. Tout ce qui vient de se passer entre vous deux n'a d'autre cause que ce fait que lorsque tu as eu besoin d'environ 3000 (\%\) mitsqal il te les as prêtés et qu'il faut que tu les lui rendes. » Mais en réalité c'était le caïd Azzouz qui était venu en aide à l'amin et avait défendu sa cause auprès du sultan. Selimân conserva le pouvoir quatre ans et deux mois; il fut le dernier des pachas que le sultan Maulay Ahmed envoya au Soudan.
Le très docte jurisconsulte Ahmed-Baba (Dieu lui fasse miséricorde!) rapporte que le prince, le sultan Maulay Zîdân, fils du prince Maulay Ahmed, lui a dit : « Depuis le pacha Djouder jusqu'au pacha Selimân mon père a expédié au Soudan, dans les différents corps d'armée qu'il y avait envoyés, 23.000 hommes de ses meilleurs soldats, ainsi que cela est noté dans un registre que le prince lui-même m'a montré. Tout cela, ajouta Maulay Zîdân, a été fait en pure perte et tous ces hommes ont péri au Soudan', sauf environ cinq cents hommes qui sont revenus à Merrâkech et qui sont morts dans cette ville. »
Sur ces entrefaites le sultan Maulay Ahmed vint à mourir^ Le pacha Selimân, qui en avait reçu la nouvelle, la cacha à tout le monde durant une année entière ; il ne la divulgua qu'après qu'il eut reçu l'avis de l'avènement au trône de Maulay Abou-Fârès, fils de Maulay Ahmed, qui succéda à son père, après la mort de celui-ci, dans les premiers jours de l'année 1012 (il juin 1603-30 mai 1604).
Le nouveau sultan envoya au Soudan le pacha Mahmoud- Lonko qui arriva à Tombouctou au mois de safar de l'année 1013 (juillet 1604); il amenait avec lui 300 soldats ou
1. Nombre de ces soldats marocains s'étaient fixés au Soudan.