‹ Tarikh es-SoudanChapitre 251 sur 405 · CHAPITRE VINGT-SEPTIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE VINGT-SEPTIÈME

lettre du sultan à Ouenzagha où se trouvait le caïd 'Ali pour assurer la défense de cette région. Or, il se trouva qu'à ce moment, le caïd 'Ali-Et-Torki était gouverneur de la ville de Tendirma. Le caïd Ali-El-Telemsani fit aussitôt savoir au gouverneur de Tendirma qu'il allait se rendre dans cette ville et que, s'il l'y trouvait encore là, il lui ferait sûrement trancher la tête.

Effrayé à cette nouvelle, Ali-Et-Torki s'enfuit à Tombouctou où l'amin, le caïd El-Hasan, furieux contre lui, lui adressa les plus violents reproches; alors Tamin désigna comme gouverneur de Tendirma le moqaddem* Iladdouben-Yousef. Mais quand celui-ci apprit que 'Ali-Et-Telemsâni se dirigeait vers cette ville, il eut peur à son tour et s'enfuit à Mouri-Koira. *Ali-Et-Telemsâni entra donc à Tendirma, en prit possession et s'y installa. Quant à Haddou, il retourna ensuite à Tombouctou.

Un conflit s'était élevé entre l'amin et 'Ali-ben-'Obeïd qui était gouverneur de Kîso". 'Ali-ben-'Obeïd s'enfuit à Tendirma et se réfugia auprès du caïd 'Ali-Et-Telemsani avec l'intention de se fixer auprès de lui. Les gens de Tombouctou mandèrent au caïd de leur renvoyer le réfugié, mais le caïd s'y refusa. L'amin, le caïd El-Hasan, se rendit alors en personne à Tendirma, mais il n'obtint pas qu'on lui remît le réfugié.

Dans la longue discussion qui s'engagea à ce sujet, l'amin finit par dire ces paroles : « Ce don fait par le sultan n'est pas exécutoire, puisque c'est moi qui suis son amin et son mandataire général; c'est donc à moi qu'il appartient d'infirmer ses dons ou de les valider; d'ailleurs, il n'y a sur tout ceci qu'un simple passage d'une dépêche. » — «Du

1. Ce titre équivalait alors à celui de « commandant » ou « chef de corps » quand il s'agissait de militaires. Aujourd'hui il désigne un sous-officier.

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