Ou « Kîcho », d'après le ms. G
moment, répondit le caïd, que vous dîtes qu'un don ne peut être exécutoire sur le simple passage d'une dépêche, vos fonctions d'amin n'ont aucune valeur, puisque c'est également par un simple passage d'une dépêche venue du sultan que ces fonctions vous ont été attribuées. »
Enfin, n'ayant trouvé aucun moyen d'arriver à ses fins, l'amin rentra à Tombouctou. Là, de concert avec le pacha Mahmoud, il fit jurer à tous les soldats de l'armée marocaine qu'aucun d'eux ne se réfugierait* (^^r) dorénavant, auprès du caïd 'Ali-Et-Telemsâni. Les soldats jurèrent comme on le leur avait demandé. Alors Seyyid 'Ali-Et- Touâti se rendit auprès du caïd, l'engagea à être calme et lui fit force exhortations. « Ne détruis pas, ajouta-t-il, l'organisation de cette armée, car il se pourrait, si Dieu le voulait, que demain cela tournât contre toi. » H>nfin, il réussit à fléchir le caïd 'Ali-Et-Telemsâni qui se décida à renvoyer 'Aliben-'Obeïd qui a été déjà nommé ci-dessus.
L'amin, le caïd El-Hasan, s'occupa ensuite de modifier l'organisation des troupes et de changer leur aff'ectation : le bataillon des soldats de Fez occupa dorénavant l'aile droite, tandis que le bataillon des gens de Merrâkech passait à l'aile gauche. Les corps des renégats et des Andalous furent placés sous les ordres de ces deux bataillons. L'amin prétendit qu'il agissait ainsi d'après les instructions du sultan Maulay Abou-Fârès. Enfin, l'amin nomma, lieutenant-général du bataillon de Fez, Mo'allem-Selimân-El-'Arfâouï et, lieutenant-général du bataillon de Merrâkech, Haddou-ben-Yousef-El-Adjnâsi.
L'amin, le caïd El-Hasan, mourut dans le milieu de l'année 1015(9 mai 1 606-28 avril 1 607) ; il eut pour successeur
1. Les soldats marocains, mécontents de leur caïd, allaient souvent se placer sous les ordres d'un autre caïd. C'est ce que l'amin essaie d'empêcher dorénavant.