‹ Tarikh es-SoudanChapitre 253 sur 405 · CHAPITRE VINGT-SEPTIEME · texte numérisé non relu

CHAPITRE VINGT-SEPTIEME

dans ses fonctions le thaleb* Mohammed-El-Belbâli qui fut désigné sur l'ordre du commandant en chef le pacha Mahmoud-Lonko.

Mohammed-El-Belbâli acheta beaucoup d'esclaves et autres choses dépendant de la succession de son prédécesseur et occupa les fonctions d'amin pendant sept jours. Le huitième jour, arriva le fils de l'amin défunt, le caïd 'Amer-ben-El- Hasan, que le sultan Maulay Abou-Fàrès avait envoyé pour être amin, et qui prit possession de ce poste, après avoir enlevé au thaleb Mohammed tout ce que celui-ci avait acheté de la succession du défunt.

En l'année 1016 (28 avril 1607-17 avril 1608) Maulay Zîdân, fils du sultan Maulay Ahmed, monta sur le trône; il renvoya au Soudan, pour y être commandant en chef, le pacha Selimân. Mais à peine celui-ci, envoyé d'abord à Merrâkech, eùt-il quitté cette ville, qu'il fut tué par Saïd-ben-'Obeïd. Le sultan autorisa alors une agression contre la tribu des Cheràga qui perdit un grand nombre d'hommes et entre autres, Sald-ben-'Obeïd, le meurtrier du pacha.

Le Ueutenant-général Mo'allem-Selimân se montra indocile et rebelle. Il ne s'occupa que de contrarier les desseins dupachaMahmoud-Lonko et de lui susciter de continuelles difficultés. Alors le pacha voulut (>m) faire partir le caïd 'Aliben-Abdallah-Et-Telemsâni de Tendirma et le faire venir auprès de lui pour l'opposer à Selimân et briser la résistance et l'opposition de ce dernier. Mais il en fut empêché par le caïd Mâmi-ben-Berroun qui lui dit : « Mo'allem-Selimân est comme un chien qui aboie contre toi ; si tu lui jettes un os, il se précipitera dessus et ne pensera plus à toi pendant qu'il le rongera. Tandis que si 'Ali vient ici, il ne cherchera autre chose qu'à prendre la place que tu occupes. »

1. Le mot « thaleb » fait peut-être partie du nom du personnage; cependant il pavait être plutôt une épithète accolée à son nom, bien qu'il soit parfois écrit sans l'article.

Toutefois, comme le pacha vit que Mo'allem-Selimân continuait à être de plus en plus agressif et audacieux, il fit mander au caïd 'Ali de venir. Celui-ci arriva sans amener sa famille qu'il laissa à Tendirma. Le pacha se plaignit vivement de Mo'allem-Sehmân et donna l'ordre à 'Ali de le tuer. Celui-ci exécuta cet ordre le mercredi soir, 9 du mois sacré de moharrem, le premier des mois de l'année 1017 (25 avril 1608); mais il ne prit pas part directement à la chose et ce furent ses compagnons qui accomplirent le meurtre. Us avaient trouvé Mo'allem-Selimân assis devant la porte de sa maison avec le caïd Ibrahim- Achkhàn et les avaient frappés tous deux à coups de sabre. Mo'allem-Selimân périt immédiatement sous les coups, tandis que Achkhàn, qui n'était tout d'abord que blessé, succomba plus tard à ses blessures.

Cet événement causa un grand effroi dans la ville. Cette nuit-là, les habitants fermèrent à clé les portes de leurs maisons et leur émoi ne s'apaisa que lorsque, durant cette même nuit, des crieurs pubUcs annoncèrent que tout était calme. Le pacha Mahmoud donna l'ordre au caïd Ali d'habiler Tombouctou et quand celui-ci eut fait venir sa famille il lui confia pleins pouvoirs*. Quatre ans et demi se passèrent ainsi sans que rien ne fût fait que sur l'ordre du caïd. Enfin le caïd déposa le pacha et prit sa place, en sorte que les choses se passèrent comme l'avait annoncé le clairvoyant Mâmi.

Cette même année arriva le Hi-Koï Seyyid-Karaï-Idji, qui venait faire une expédition au nom de l'askia Hâroun- Denkataya, fils du prince, l'askia Daoud, souverain du Dendi. Son but était d'attaquer les populations soumises aux Maro-

i. Les pachas du Soudan agissaient comme de véritables souverains et avaient des caïds qui jouaient auprès d'eux le rôle de ministres. Le caïd 'AU avait été nommé en quelque sorte premier ministre.

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