‹ Tarikh es-SoudanChapitre 254 sur 405 · CHAPITRE VINGT-SEPTIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE VINGT-SEPTIÈME

cains qui se trouvaient sur les bords du Fleuve. En apprenant cette nouvelle, le caïd 'Ali-ben-Abdallah-Et-Telemsâni partit, au mois de rebi'II (15 juillet-13aoùt 1608), à la tête d'un corps d'armée pour repousser cette agression. Dans ce corps d'armée se trouvait l'askia Hâroun, fils de l'askia (^^c) El-Hâdj, fils du prince Askia-Daoud. C'était le pacha Mahmoud qu'il l'avait investi de ces fonctions d'askia lors de la mort de l'askia Selimân, fils du prince, Askia- Daoud, car il était Balama' à cette époque. Mais ce fut le pacha SeHmân qui, après la révocation de Haroun, lui confia les fonctions de général*.

Le caïd 'Ali se mit en marche, mais sans s'approcher du Fleuve. Il atteignit la montagne de Douï et de là revint vers la capitale de Tennemi. Quand le Fondoko Boubo-Ouolo- Kaïna, souverain de Sanqara, apprit que le caïd prenait cette direction qui devait lui faire traverser son pays, il fut saisi de crainte et se réfugia auprès du Fondoko Boubo-Yâmi, souverain du Mâsina qui, a ce moment, était en état d'hostilité avec les Marocains. Le caïd AU poursuivit le Fondoko à la tête de ses troupes et arrivé à la ville d'Ankaba il s'y arrêta et manda au souverain du Mâsina de lui livrer le fugitif et de le lui amener.

Le souverain du Mâsina répondit que Boubo-Ouolo-Kaïna s'était placé sous sa protection ; toutefois il proposa de conclure l'arrangement suivant : le caïd ferait la paix avec Boubo-Ouolo, le laisserait rentrer dans sa tribu et celui-ci donnerait immédiatement en échange 2000 vaches. Le caïd 'Ali ayant accepté cette proposition, le souverain du Mâsina remit sur-le-champ un nombre de vaches égal à celui qui avait été stipulé et cela personnellement. Boubo-Ouolo se rendit au camp du caïd 'Ali qui le fit accompagner dans sa

i. La phrase est très obscure dans le texte. Le sens paraît être que le pacha Seliman confia de nouveau à l'askia révoqué ses premières fonctions.

tribu par le caïd Ahmed-El-Bordj à qui il devait remettre 2000 bœufs à titre de droit de châchia\ car c'était comme une investiture nouvelle du Fondoko dans ses anciennes fonctions. Le Fondoko donna ces 2000 vaches et y ajouta encore les 2000 qui avaient été convenues pour la conclusion de la paix. Ces 6000 vaches furent remises en une seule fois et très rapidement ^

Au cours de cette campagne, les gens du Songhaï se soulevèrent contre l'askia Hâroun, fils de El-Hâdj, à 'Ankaba. Le caïd 'Ali chercha à les calmer et il y réussit; mais quand il fut de retour à Tombouctou, les Songhaï se révoltèrent de nouveau et l'askia fut alors déposé; Tamin, le caïd 'Amer, le fit venir auprès de lui; il le traita de la façon la plus bienveillante et avec les plus grands égards jusqu'au jour où l'askia mourut. L'askia était resté en fonctions durant quatre ans et vécut après sa déposition pendant huit ans.

L'année suivante, c'est-à-dire en 1018 (6 avril 1609- 26 mars 1610), le Dendi-Fâri Bar, au nom de l'askia qui était à Dendi, se mit en marche à la tête d'une nombreuse armée et se dirigea vers le territoire de la ville de Dienné. Il traversa le grand bras du Fleuve et vint camper à Tirfoï au mois de safar de l'année ci-dessus indiquée (mai 1609). On assure que c'était le Djinni-Koï, Mohammed-Benba, qui avait engagé l'askia (^^'\) de Dendi à envoyer cette expédition en lui promettant son concours pour enlever aux Marocains ce territoire qu'ils occupaient.

Le Djinni-Koï s'était associé secrètement dans cette entreprise avec le Sorya Mousa et aussi, dit-on, avec le Kala-Cha'a

1. Le mot « châchia » signifie « calotte rouge ». Le droit d'investiture du Fondoko s'appelait donc le « droit de bonnet. ».

2. Cette remarque a pour but de montrer la richesse de ce pays à l'époque où se passaient ces événements.

Page 1