‹ Tarikh es-SoudanChapitre 259 sur 405 · CHAPITRE VINGT-SEPTIEME · texte numérisé non relu

CHAPITRE VINGT-SEPTIEME

pulations des localités sises sur le bord du Fleuve, que l'aman leur serait accordé s'ils revenaient dans leurs demeures. Les uns se hâtèrent de rentrer dans leurs foyers ; d'autres hésitèrent un peu mais finirent également par y revenir.

L'année suivante, en 1019 (26 mars 1610-16 mars 1611), au commencement des hautes eaux (v • •) du Fleuve, le caïd revint à Dienné avec l'askia Bokar pour régler les questions de souveraineté ^ Aucun des soldats qui étaient là en garnison ne douta un seul instant qu'aussitôt arrivé dans la ville, le caïd 'Ali ne tirerait vengeance du Djinni-Koï et ce dernier luimême était persuadé de la chose.

Le caïd 'Ali campa hors des murs de la ville auprès des jardins\ Il fit mander le Kala-Cha'a Mohammed qui se présenta. Puis il pensa de nouveau que l'arrestation du Djinni- Koï n'offrirait aucun avantage et qu'elle occasionnerait dans le pays des troubles qu'il serait ensuite difficile d'apaiser. Il lui imposa seulement une forte contribution ^ Le Djinni-Koï perçut cette somme très considérable des gens de sa tribu qui la lui payèrent promptement et sans tarder, tant ils étaient heureux de voir sain et sauf cet homme qui leur était cher et qu'ils aimaient du fond du cœur.

A cette époque Taskia Bokar était jaloux du Kala-Cha'a Mohammed parce qu'il voyait qu'il avait plus d'autorité que lui. Il y avait un vif dissentiment entre eux. Quand on fut de retour à Tombouctou, le pacha Mahmoud trouva étrange qu'on n'eût pas arrêté le Djinni-Koï à cause de toutes les grandes intrigues qu'il avait fomentées. Aussi quand le caïd 'Ali vint le trouver à son arrivée il lui demanda s'il avait ou

1. Il s'agissait de savoir si l'on nommerait un nouveau chef indigène de la ville ou si l'on maintiendrait l'ancien,

2. Le mot traduit par « jardins » pourrait être un nom de localité « El-Djenan ».

3. Les dictionnaires ne donnent point cette signification de « contribution »

pour le mot arabe ^Liî. Cependant le sens ne paraît pas douteux d'après le

contexte ,

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non procédé à l'arrestation . «Non, répondit le caïd 'Ali, il a payé une contribution. » Alors il ajouta en manière de vœu en faveur du Djinni-Koï : « Puisse Dieu ne jamais faire voir aux habitants de Dienné le moment où il ne sera plus parmi enx ! » Ensuite il remit au pacha la totalité de la contribution.

Pour ce qui est de l'askia Bokar, il ne cessa de dénoncer le Kala-Cha'a au pacha Mahmoud et de multiplier ses calomnies contre lui. « C'était lui, disait-il, qui avait été l'instigateur de la révolte et qui avait envoyé dire à l'askia de faire venir le Dendi-Fâri. » Alors le pacha écrivit au caïd Ahmed-ben-Yousef en lui donnant l'ordre de mettre à mort le Kala-Cha'a. Le caïd fit tous ses efforts pour protéger le Kala-Gha'a et alla jusqu'à offrir de payer pour lui 500 mitsqal si on lui laissait la vie. Le pacha refusa, tenant absolument à le faire mourir, et le Kala-Cha'a périt ainsi injustement, victime d'une inimitié.

Quand le caïd 'Ali-ben-Abdallah fut sur le point de quitter Dienné pour revenir à Tombouctou, il destitua le caïd Ahmed-ben-Yousef de ses fonctions, qu'il donna au thaleb* Mohammed-El-Belbâli dès son arrivée à Tombouctou. Le caïd 'Ali arrangea les affaires de façon à l'y envoyer comme hâkem} de cette ville.

Le caïd 'Ali-ben-Abdallah continua à jouir du pouvoir et de sa haute situation jusqu'en l'année 1021 (4 mars 1612- 21 février 1613). A ce moment il se trouvait à Asafaï, pour veiller à la défense de cette place (r • s ) bien connue à l'époque, lorsqu'il reçut la nouvelle que Seyyid Kiraï-Idji, Dendi- Fâri à cette époque, marchait contre lui à la tête d'une grande expédition sur l'ordre de l'askia El-Amîn, souverain du Dendi.

1. Ce mot« thaleb » fait peut-être partie du nom et alors il faudrait traduire à El-Thaleb-Moliammed-EI-Belbâli

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