CHAPITRE TROISIÈME
dont le sens dans leur langue {\) est palais du roi. Sur l'emplacement, encore bien connu de ce palais, on a établi les boutiques des bouchers.
Dans le récit de ses voyages, Abou-Abdallah-Mohammedben-Batoutah* (Dieu lui fasse miséricorde!) s'exprime ainsi : « Le sultan Mansa-Mousa', c'est-à-dire Melli-Koï^ Kankan- Mousa, lors de son pèlerinage, logea dans une villa qui appartenait à Sirâdj-Ed-Dîn-ben-El-Kouaïk, un des principaux négociants de la ville d'Alexandrie. Cette villa était située à Birket-el-Habech\ aux environs du Caire. Pendant qu'il était installé là, le prince ayant eu besoin d'argent en emprunta à Sirâdj-Ed-Din, et, à son exemple, ses émirs en firent autant.
« Sirâdj-Ed-Dîn avait envoyé un mandataire chargé du recouvrement des sommes qu'il avait prêtées, mais ce mandataire demeura à Melli^ Sirâdj-Ed-Din dut donc se rendre en personne pour réclamer le paiement de ses créances. Il se mit en route avec son fils, arriva à Tombouctou et y reçut l'hospitalité de Abou-Ishâq-Es-Saheli. Le sort voulut qu'il mourût la nuit même de son arrivée dans cette ville, et
les palais des souverains du Soudan sont de véritables petites villes. Actuellement le mot « roi » en mandé se dit fama, mansa ou masa (cf. M. J.-B. Rambaud, La langue mandé, Paris, MDCGCXCVI). Ma' serait l'abréviation du mot mandé mara.
1. Le texte et la traduction complète des Voyages d' Ihn-BatoiUah ont été publiés par Defrémery et Sanguinetti dans la Collection d'ouvrages orientaux du Journal asiatique. On y trouvera le récit donné par notre auteur au tome IV, p. 431.
2. Mansa en mandé signifie « roi » ; c'est un titre, ce n'est pas un nom; quant à Kankan, c'est le nom d'une ville visitée par René Caillé.
3. Melli-Koï, signifie « roi de Melli » ; toutefois, le mot Koi s'emploie aussi pour désigner tout simplement le chef d'une ville, sorte de maire ou de préfet. Le mot Koï appartient à la langue songhaï.
Je donnerai en appendice une note sur tous ces titres, sur leur valeur et leur origine.