Sur cette localité, cf. de Sacy, Abdallathif, p
5. Ibn-Batoutah ne dit pas pourquoi ce mandataire ne s'acquitta point de la mission dont il était chargé.
la rumeur publique courut qu'il avait été victime d'un empoisonnement. Mais le fils du défunt fît la déclaration suivante : « J'étais en compagnie de mon père et j'ai mangé « exactement les mêmes mets que lui ; donc si ces mets avaient « été empoisonnés nous serions morts tous les deux. Mon père « est mort parce que le moment de sa dernière heure était « venu. » Le jeune homme gagna ensuite la ville de MeUi; là il recouvra ses créances et rentra ensuite en Egypte.
« Dans cette ville, ajoute ailleurs Ibn Batoutah, on trouve le tombeau de cet Abou-Ishâq, le poète célèbre* originaire de Grenade et connu dans son pays sous le surnom de Et- Touïdjin ^ C'est également dans cette ville que se trouve le tombeau du Sirâdj-Ed-Dîn dont il vient d'être question. »
Ce fut, si je ne me trompe, en l'annéee 754^ (1353), que le cheikh Abou-Abdallah (Ibn Batoutah), l'auteur de cette relation de voyage, se rendit à Tombouctou.
C'est, assure-t-on, le sultan Kankan-Mousa qui fit bâtir le minaret de la grande mosquée de Tombouctou, et ce fut sous le règne d'un des princes de sa dynastie que le sultan du Mossi*, à la tête d'une forte armée, fît une expédition contre cette ville. Saisis d'eff'roi, les gens de Melli prirent la fuite et abandonnèrent Tombouctou aux assaillants. Le sultan du Mossi pénétra alors dans la ville, la saccagea, l'incendia, la ruina, et après avoir fait périr tous ceux qu'il put atteindre
1. Le ms. C. donne ^^Ull à la place de ^^11, leçon qui parait préférable. En outre les mss. A cl B. ont remplacé le mot j^LJ! « le poète » par ^\jj\ « le célèbre ».
2. On trouve les deux orthographes ^.^1 et Cr.<.^^^' Ce mot est le diminutif de ,jj*.U» <• plat, casserole, marmite ».