CHAPITRE TROISIÈME it
et s'être emparé de toutes les richesses qu'il trouva, il retourna dans son pays. Les gens de MelJi rentrèrent ensuite à Tombouctou et y demeurèrent encore en maîtres (n) durant cent ans.
« Tombouctou, a dit le très docte jurisconsulte Ahmed- Baba \ a été saccagée trois fois : la première fois, par le sultan du Mossi ; la deuxième, par Sonni-'Ali, et la troisième, par le pacha Mahmoud-ben-Zergoun. Cette dernière dévastation fut moins terrible que les deux premières. » On assure que, dans la mise à sac accomplie par Sonni-'Ali, il y eut plus de sang répandu que dans celle que lui fit subir le sultan du Mossi.
Vers la fin de la domination des princes de Melli, les Touareg Maghcharen'^ commencèrent leurs incursions contre la ville de Tombouctou; ils avaient à leur tête leur sultan Akil-AkameloueP et ravageaient le pays de tous côtés et dans tous les sens. Les habitants éprouvaient de graves préjudices de toutes ces déprédations ; cependant ils ne prenaient point les armes pour combattre l'ennemi. On dit qu'un prince qui n'est pas en état de défendre ses Etats ne mérite pas d'y régner; aussi les gens de Melli durent-ils abandonner la contrée et retourner dans leur pays. Akil s'empara alors de Tombouctou et en demeura le maître durant quarante ans.
1. Cette citation du texte de Ahmed-Baba indiquerait déjà, à défaut des autres preuves directes, que l'Histoire du Soudan, dont nous donnons la traduction, n'est pas l'œuvre du célèbre jurisconsulte tombouctien,
2. Tous les mss. olFrent la même orthographe de ce nom qui ne figure sur aucune des listes des tribus Touareg mentionnées par les auteurs qui se sont occupés de cette région. (Voir la note 1 du chap. vu.)
3. Le ms. C insère le mot « fils » entre ces doux noms. Peut-être a-t-il voulu traduire le mot Ak ou Ag qui commence le nom Akamalouel, ce qui ferait un pléonasme, le mot ag en berbère signifiant « fils ». Il aurait dû dire alors : Akil fils d'Amalouel, ce qui serait une représentation tout à fait exacte de ce nom.
[Hiitoii'e du Soudan,)