CHAPITRE TRENTIEME
leur fasse miséricorde à tous et les élève au plus haut des degrés du paradis. Amen!).
Ce fut le samedi, 19 du mois de safar de la même année (9 novembre 1593), que le jurisconsulte, le cadiMoliammedben-Ahmed, fils du cadi Abderrahman, commença à exercer ses fonctions de cadi. Il fut nommé à cet emploi sur l'ordre du pacha Mahmoud et par l'entremise de Habib-ben-Mohammed-Babo. Le poste avait été d'abord offert au très docte jurisconsulte Abdallah-ben- Ahmed. Boryo-Habib avait engagé au service du nouveau cadi dix chaouchs, mais celuici s'excusa de ne pouvoir les prendre et demanda à résilier la conventionnée qui fut fait lorsque le cadi eut promis, par acte écrit, de payer 400 mitsqal d'or au père de Habib, Mohammed-Babo \
Au mois de djomada P"" de la même année (23 janvier- 22 février 1594) mourut (t\T), à Dienné, le jurisconsulte Mohammed-Baba-Masira, fils du jurisconsulte Anda-Ag- Mohammed, surnommé El-MosaUi, fils de Ahmed-ben-Mellouk-ben-El-Hàdj-l^]d-Doleïmi. C'était un jurisconsulte instruit et célèbre. Chaque fois qu'il se trouvait à Tombouctou, le très docte, le jurisconsulte Abdallah-ben-Ahmed-Boryo allait écouter ses leçons tout en se tenant hors de la maison ". (Dieu lui fasse miséricorde!)
Le vendredi, 19 du mois de chaoual, après la prière de l'après-midi, eut lieu la mort du cheikh -el-islâm, le bienfaiteur de l'humanité, le pieux, le vertueux, le saint, 1 eminent, le très docte jurisconsulte Mohammed, fils du jurisconsulte le cadi Mahmoud-Baghyo'o-El-Ouankori; il fut enterré la nuit même dans le cimetière de Sankoré. (Dieu lui fasse
1. Le texte ne dit pas nettement pourquoi le cadi promit de payer celtesomme au père de Habib. On ne voit pas non plus la raison de l'intervention de Habib dans le choix des chaouchs du cadi.
2. Il ne voulait sans doute pas se mêler à la fouie des étudiants, tout en désirant s'instruire.
miséricorde et nous soit bienveillant grâce à lui! Amen!) Le 18 du mois sacré de dzou '1-hiddja, le dernier des mois de l'année 1002 (4 septembre 1594), on reçut dans la ville de Tombouctou la lettredu jurisconsulte, le cadi Abou-Hafs- 'Omar, fils du jurisconsulte, le cadi Mahmoud annonçant que lui et ses compagnons étaient heureusement arrivés à Merrâkech sains et saufs. Au cours de cette même année, l'année 1002, mourut à Tombouctou le caïd Bou-Ikhtiyâr ; il fut enterré dans la mosquée de Mohammed-Naddi.
Dans la nuit du jeudi, l^"" du mois sacré de moharrem, le premier des mois de l'année 1003 (16 septembre 1591), eut lieu la mort du cheikh, du jurisconsulte, du saint, du maître en fait de hadits, d'histoire sacrée, d'histoire profane et de récils des grands événements, de celui qui atteignit le plus haut degré de la science du droit au point que certain de ses maîtres contemporains disait de lui que s'il avait vécu au temps où Ibu-Abdessalâm vivait à Tunis il aurait mérité d'être le mufti de cette ville, le cadi Abou-Hafs-'Omar, le maître du bon droit, le fils du cadi SidiMahmoud-ben-'Omar. Il mourut à Merrâkech et fut enterré près du tombeau du cadi Abou'l-Fadl-'Iyâd (Dieu leur fasse à tous miséricorde!). Durant sa vie, chaque fois qu'il parlait d'Abou'1-Fadl-Tyâd, que de fois n'avait-il pas répété ces mots : « Il ne saurait y avoir de tristesse pour quiconque sera enterré près de la tombe de ce personnage. » Dieu avait fini par lui accorder cette faveur.
On rap])orte que, lorqu'il se sentit mourir, Abou-Hafs- 'Omar fit mander à Seyyid 'Ali-ben-Seliman-Abou-Ech-Ghekoua de venir le trouver. Quand celui-ci fut présent il lui remit un pli cacheté en lui disant : « Fais parvenir ce pli au sultan à telle époque. » Or cette époque fut postérieure à celle de sa mort. Quand le moment fut venu, Seyyid 'Ali porta la lettre au sultan. Celui-ci l'ouvrit et y trouva ces mots : « Tu es un