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CHAPITRE TRENTIÈME

Dans la nuit du jeudi, 3 du mois de cha'ban de l'année ci-dessus indiquée (16 janvier 1603), la crue du Fleuve atteignit Ma'doko; c'était le 7 du mois de janvier* à l'époque du gouvernement du pacha Selimân. La crue atteignit de nouveau ce niveau sous le gouvernement du pacha Selimân, pendant la nuit du 7 du mois de redjeb l'unique de Tannée 1012 (11 décembre 1603); c'était le 2 du mois de décembre.

Dans la matinée du 13 du mois de rebi' I" de l'année (v>n)1012(21 août 1603), eutlieulamort du prince El-Mansour-billah^ Abou-'l-Abbàs-Maulay-Ahmed-Edz-Dzehebi. Il succomba au moment où il venait de quitter la ville de Fez et où il était en route pour rentrer dans la ville de Merrâkech. Son corps fut transporté dans cette dernière ville où il fut enterré.

Le samedi, vers midi, le dernier jour du mois de cha'ban de l'année qui vient d'être dite (l®' février 1604), mourut le jurisconsulte, le savant, l'éminent, le dernier rejeton d'ancêtres illustres, le protecteur des étudiants, Abou-Hafs- 'Omar-ben-Mohammed-ben-'Omar, l'émule du jurisconsulte Ma'yâ (Dieu leur fasse à tous miséricorde et nous soit utile grâce à eux. Amen!).

Vers la fin de cette année (mai 1604), mourut mon oncle paternel Baba-'Amir-ben-'Imrân-Es-Sa'ïdi (Dieu lui fasse miséricorde, lui pardonne ses fautes et lui fasse habiter son vaste paradis!). Il fut enterré près de son père dans le cimetière de la grande-mosquée.

Pendant l'année 1013, au mois de safar (29 juin-28 juillet 1604), mourut à El-Fa'-Konko, l'askia Selimân^ fils de

i. La différence entre la date donnée par l'auteur et la date réelle est de neuf jours, soit qu'il n'ait pas tenu compte de la réforme grégorienne, soit qu'il ait commis une erreur de date.

2. Ou « le favorisé de Dieu «.C'était le titre royal honorifique du prince.

l'askia Daoud. Le cadi Mohammed-ben-Ahmed, fils du cadi Abderrahman, se rendit dans cette localité pour présider à ses funérailles, puis le corps fut transporté à Tombouctoii et enterré dans le cimetière de Sankoré.

Au mois de dzou '1-qa'da de cette année (21 mars-20 avril 1605), mourut le vertueux, le saint, le dévot, l'éminent, Pauteur de miracles, le jurisconsulte 'Ali-Sîl*-ben-Abou- Bekr-ben-Chibâb-El-Oualati, né et élevé à Tombouctou. Il était le fils de la fille du saint de Dieu, Baba-Masiri-Bîr. C'était un ami de mon père. Il lui avait raconté que le cheikh enterré sous le minaret de la grande-mosquée de Tombouctou était son propre grand-père. Il en est effectivement ainsi et ce personnage était le fils de l'oncle paternel de Masiri-Bîr; il s'appelait 'Ammâr et avait été surnommé Abou-'s-Semm ^ par les Arabes de Oualata^ parce qu'il feignait de ne point entendre toutes les paroles qui ne lui plaisaient point.

Quand le cadi El-'Aqib restaura l'ancienne mosquée, le tombeau fut démoli sans qu'on sût qu'il se trouvait là. On retrouva le corps absolument intact ainsi que le linceul qui l'enveloppait. Le très docte, le cheikh-el-islàm, le jurisconsulte Mohammed-Baghyo'o-El-Ouankori, qui se trouvait là, couvrit le corps de son burnous pendant qu'on creusait la fosse dans laquelle il fut de nouveau enseveli.

Plus tard, un des saints du Maroc vint en pèlerinage à Tombouctou; il se rendit auprès du jurisconsulte, du traditionniste, de l'érudit, Abou'1-Abbas-Ahmed-ben-El-Hâdj- Ahmed-ben-'Omar, qui avait auprès de lui à ce moment le jurisconsulte Mohammed-Baghyo'o-El-Ouankori et le jurisconsulte Ahmed-Ma'yâ. Le pèlerin les salua et leur annonça qu'il n'était venu dans cette ville qu'à cause du saint personnage enterré sous le minaret de la mosquée, qu'il avait vu

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