CHAPITRE TRENTE-ET-UNIÈME
Le jeudi, dernier jour* du mois de dzoul-hiddja de celte année (28 décembre 1617), la crue du Fleuve atteignit Ma'doko; ce jour-là était un 18 décembre.
Le dimanche, 22 du mois de safar de l'année 1027 (18 février 1618), après la prière de l'après-midi, les habitants de Tombouctou entendirent, dans la direction de l'orient, unbruit dans les airs pareil à celui du grondement lointain du tonnerre. Le bruit fut si violent que certaines personnes crurent à un tremblement de terre. Une grande terreur et une forte panique se répandirent aussitôt sur le marché; tout le monde s'enfuit et se dispersa de tous côtés.
Un de mes collègues, en qui j'ai toute confiance, m'a raconté qu'il était assis sous un arbre, à une distance d'un jour de marche de la ville, lorsqu'il fut surpris par ce bruit. Il sentit alors le sol s'agiter et vit les arbres se pencher et les reptiles sortir de leurs repaires; puis, l'agitation cessant, les arbres reprirent leur position normale et les reptiles regagnèreiil leurs gîtes.
Le mardi, dernier jour du mois de rebi' I*' de cette année, (27 mars 1018), arrivèrent le jeune^ pacha 'Ammâr et le cadi Mâmi-Et-Torki ; Maulay Zîdân les avait envoyés à la tête d'une armée. d'environ quatre cents (vrt) soldats en même temps qu'il expédiait l'amin Mohammed-ben-Abou-Bekr. Tout ce monde campa à Abrâz'^ dans la matinée de ce jour; dans la soirée les nouveaux arrivés reçurent la visite du pacha Ahmed-ben-Yousof qui vintles saluer; puis les jurisconsultes et les notables de Tombouctou vinrent à leur tour présenter leurs hommages au moment même où apparaissait le crois-