Ou Abrâza
sant de la lune annonçant le commencement du mois de rebi' II, un mercredi *.
Dès le lendemain, le pacha 'Ammâr entra dans la ville, mais le caïd Mâmi et les troupes ne firent leur entrée que dans la matinée du samedi. On lut alors la lettre du sultan et l'on exécuta ses ordres relativement au pacha 'Ali-ben- Abdallah. Le caïd Màmi réclama à 'Ali l'argent que celui-ci avait détourné du trésor; il soumit ensuite le pacha à une torture si violente que celui-ci en mourut incontinent.
Quant au caïd Haddou, trois jours après l'arrivée du pacha et de ses compagnons, il partit à la tête des troupes pour se rendre à Asafaï. Ace moment, les soldats, qui étaient venus avec le caïd Mâmi, dont il vient d'être parlé, avaient été dispersés sur les bords du Fleuve, chaque groupe d'entre eux ayant été rejoindre le bataillon de renégats ou d'Andalous auquel il était incorporé, et Ton expédia Mâmi dans la ville de Kagho où il demeura jusqu'à sa mort.
Le motif qui avait fait partir le caïd Haddou à la tête des troupes était la nouvelle que l'on venait de recevoir que le Dendi-Fâri, sur l'ordre de l'askia El-Amîn, s'était mis en campagne se dirigeant du côté de Kobi. Mais le Honbori- Koï lui envoya un messager pour lui enjoindre de ramener les troupes de l'askia parce que celui-ci était atteint d'une maladie dangereuse. Le Dendi-Fâri revint donc sur ses pas, tandis que le caïd Haddou continuait à se maintenir là où il était pour veiller à la garde du pays jusqu'au moment de la crue du Fleuve.
Au mois de djomada U (26 mai-â4 juin 1618), le pacha Ammâr retourna à Merrâkech avec l'amîn, le caïd Amir-
1. Comme les Arabes n'ont point de calendriers et qu'ils ne connaissent le commencement du mois que par l'apparition du croissant de la lune que l'état de l'atmosphère ne permet pas toujours d'apercevoir ce jour-là, ils indiquent toujours le jour de la semaine qui commence le mois de façon à permettre de rectifier l'erreur d'un jour qu'ils auraient pu commettre.