‹ Tarikh es-SoudanChapitre 289 sur 405 · CHAPITRE TllENTE-ET-UNIEME · texte numérisé non relu

CHAPITRE TllENTE-ET-UNIEME

avait exercées durant cinq ans et cinq mois. Il eut pour successeur le caïd Ibrahim-ben-Abdelkerim-El-Djcrâri qui fut choisi par toute l'armée. Il s'installa dans le palais destiné au caïd^ Au cours même du mois pendant lequel il avait été nommé, il révoqua le hâkem 'Ali-ben-'Obeïd de ses fonctions de chef de Dienné et les confia à Seyyid Mansour, fils du pacha Mahmoud-Lonko.

Au mois de djomada P"" de l'année 1037 (8 janvier-7 février 1628), arriva un messager envoyé par le sultan Maulay Abdelmalek-ben-Maulay-Zidân, annonçant son élévation au trône et la mort de son père. Une copie de la lettre-patente qu'il avait adressée fut apportée par son messager dans la ville de Dienné où elle arriva le jeudi, 4 du mois de djomada II (10 février).

Le jeudi, H du même mois (17 février), le pacha Ibrahim-El-Djerâri se rendit à Tombouctou et s'installa dans le palais du gouvernement^. Il montra une grande mollesse et une excessive faiblesse dans son administration. Le plus infime des soldats put molester à sa guise et comme il l'entendait les habitants, soit dans la ville, soit au dehors, sans que personne s'y opposât ou lui adressât le moindre reproche. On commit des excès de toute sorte et tout le pays fut profondément bouleversé et opprimé.

Le lundi soir, 12 du mois de cha'ban de cette annéa (17 avril 1628), mourut à Dienné le hâkem Seyyid Mansour-ben-Mahmoud (vr a) et, à la fin du même mois, le pacha Ibrahira-El-Djerâri fut déposé de ses fonctions qu'il avait

1. On a vu plus haut que le caïd Hammou n'avait pas pris le titre 'de caïd et qu'il s'était fait construire une habitation afin de ne pas habiter dans la demeure habituelle des pachas. C'est de cette habitation qu'il s'agit ici.

2. L'expression employée ici dans le texte indique que Ibrahim se considéra dorénavant comme un .véritable pacha et qu'il prit possession de la résidence de ce haut fonctionnaire.

exercées une année, exactement le même temps qu'avaient duré les fonctions du hâkem précité.

La déposition du pacha avait été ourdie à Kâgho au moment où vint dans cette ville le lieutenant-général Alibeu-Abdelkader pour réconcilier les habitants avec El-Djeràri. La cause de cette résolution était que le pacha avait donné tout l'argent qu'il avait recueiUi à Dienné aux troupes qui étaient à Tombouctou, sans en attribuer la moindre part aux gens de Kâgho : de là la colère de ces derniers. Aussi quand 'Ali-ben-Abdelkader vint les trouver pour les réconciher avec le pacha, promirent-ils à 'Ali de le porter au pouvoir suprême*.

De retour à Tombouctou, 'Ali-ben-Abdelkader chercha à gagner la faveur des habitants et y réussit, car ceux-ci le nommèrent pacha le 4 du mois de ramadan de l'année précitée (8 mai 1628). Il fut comme le glaive de Dieu dégainé contre les perturbateurs et les méchants qui en avaient pris à leur aise sous le gouvernement de son prédécesseur Ibrahim Ed-Djerâri. Il les affaiblit, les dompta et en fit périr un certain nombre. Aussi, traqués de toutes parts, sous l'empire de la crainte et de la terreur, tous les autres se réfugièrent dans les mosquées ou dans les maisons des gens pieux pour s'y mettre à l'abri*.

Le pacha 'Ali resta en fonctions quatre ans et cinq mois. Ce fut sous son gouvernement que mourut à Merrâkech le pacha 'Ammâr-ben-Abdelmâlek (Dieu lui fasse miséricorde!). A ce moment, au mois de ramadan (mai 1628), il avait nommé "Ali-ben-'Obéïd hâkem de Dienné, mais il ne le laissa dans ces fonctions que sept mois, car au mois de rebi' P de l'année 1038 (29 octobre-28 novembre 1628), il le

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