CHAPITRE TRENTE-QUATRIÈME
même année (9-18 août 1622), mourut, dans ]a ville de Dienné, Hafsa, esclave rendue mère par mon père. Elle fut enterrée dans la grande-mosquée (Dieu lui fasse miséricorde !).
Dans la matinée du mercredi, 12 du mois sacré de moharrem, le premier des mois de l'année 1032 (16 novembre 1622), mourut le vertueux confrère, l'obligeant, le dévoué, l'affable, l'ami sûr, Mohamme-ben-Abou-Bekr-ben-Abdallah-Koraï-Es-Senâouï ; il fut enterré dans le cimetière du Jardin de la ville de Dienné. Selon sa recommandation dernière je procédai à sa toilette funèbre avec le cadi Alimed-Dâbo. Il était l'ami des pauvres, des malheureux et des étudiants, et leur faisait beaucoup de bien. Il évitait la société des gens mondains et des tyrans. Plein d'humanité et de douceur, il était fidèle à tous ses engagements qu'il observait scrupuleusement, aussi était-il connu de tous, grands et petits, à cause de ses qualités. Jamais sous la voûte céleste je n'ai vu son pareil pour la loyauté, l'affection solide et l'aménité de caractère. Nous nous fréquentâmes constamment dans ces conditions durant toute sa vie et lorsque la mort nous sépara, il avait toujours été le même avec moi sans jamais varier, fût-ce un seul instant. Puisse Dieu lui pardonner ses fautes, lui faire miséricorde et nous réunir l'un à l'autre à l'ombre de son trône, aux plus hauls degrés du paradis, sans nous faire éprouver ni tourment, ni épreuve. Par sa grâce et sa bonté. Dieu peut nous accorder cette faveur et exaucer ma prière.
Le vendredi, 21 du même mois (25 novembre 1622), mourut ma tante paternelle, Omm-Hàni-bent-lmrân (Dieu lui fasse miséricorde et, par sa grâce, lui efface ses fautes et les lui pardonne!).
Le dimanche, 1 1 du mois sacré de dzou '1-hiddja, le dernier mois de l'année 1032 (6 octobre 1623), mourut ma
3t2 HtSTOIRÈ t)U SOUDAN
tante paternelle, Omni-'Aïcha-bent-'Imrân (Dieu lui fasse miséricorde, lui soit indulgent et lui pardonne ses fautes!).
Durant les premiers raois de l'année 1035 (3 octobre 1625-22 septembre 1626), mourut l'éminent, l'excellent, le vertueux, le jurisconsulte, le docte, Abou'l-'Abbas-Ahmedben-Mohammed-El-Foulâni-El-Mâssi. Comme il avait été atteint d'une maladie dangereuse dans sou habitation près de Ankoma \ il donna ordre de le transporter dans Tombouctou, la capitale. Mais, arrivé au port de Kabara, il y mourut. On apporta son corps à Tombouctou pour y faire ses funérailles et c'est là (rir) que les prières dernières furent dites sur lui. 11 fut enterré dans le cimetière de la grandemosquée (Dieu très-haut lui fasse miséricorde, lui accorde le pardon et nous fasse profiter de son intercession. Amen!).
Le dimanche, 10 du mois de djomada l"" de cette même année (8 février 1626), mourut le cheikh, Téminent, le traditionniste, le jurisconsulte, l'imam Mohammed-Sa'ïd, fils de l'imam Mohammed-Kedâdo-ben-Abou-Bekr-El-Foulàni; il fut enterré dans le cimetière de la grande-mosquée. (Dieu lui fasse miséricorde et nous soit utile par son intercession. Amen!)
Le jeudi, à midi, le 21 du même mois (18 février 1626), mourut 'Ali-bea-Ez-Zoyâd; l'office mortuaire eut lieu après la prière du dohor. 11 fut enterré près du tombeau de l'imam Sa'ïd. (Dieu lui fasse miséricorde!)
Dans la matinée du vendredi, 20 du mois de djomada II (19 mars 1626), mourut Abdelkerim-ben-Ahmed-Dâ'ou- El-Hàhi (Dieu lui fasse miséricorde!).
Le dimanche, 22 du même mois (21 mars 1626), mourut le jurisconsulte, l'imam, Abdesselam-ben-Mohammed-Doko- El-Foulâni. Les dernières prières furent dites après l'office
l. Ou : Ankom.