Le ms. C dit : « le mercredi », sans indiquer de date
2. Dans le ms. C le mol employ*' signifie « inspirer des craintes »; c'est-àdire qu'il leur avait montré les dangers de l'accord qu'ils avaient lait.
CHAPITRÉ TRENTE-CINQUIÈME SSl
Kirimou, Mâti'a et d'autres personnages dévoués au Djinni- Koï et qui se trouvaient établis à l'ouest de Dienné. Yousaro assiégea les négociants de la ville de Bina. Aussitôt que la nouvelle de ce siège parvint à Dienné, le caïd Mellonk envoya un corps d'armée pour combattre les révoltés et il mit à la tête de cette expédition les deux lieutenants-généraux en chef Mohammed-ben-Rouh et Sâlem-ben-'Atiya ; mais Yousaro les repoussa sans que ceux-ci pussent rien contre lui. L'armée du pacha prit la fuite, abandonnant une de ses tentes qui resta étendue à terre dans le port (vi^); cette tente était celle du lieutenant-général Salem.
Mis en déroute, les Marocains s'enfuirent jusqu'au village de Sorba où ils mouillèrent. De là, ils mandèrent au caïd Mellouk d'envoyer des renforts à leur secours. Le lieutenantgénéral Mohammed-Et-Târezi partit à la tête de tous les soldats qui étaient restés dans la ville et rencontra l'armée au moment où elle revenait à Dienné. Il fit route avec elle en sorte que son intervention ne servit à rien.
Avant que l'armée marocaine arrivât à Bînâ, Yousaro avait fait un appel énergique à tous les chefs de la contrée, le Da'ai-Koï, le Oma-Koï, et d'autres encore. Tous répondirent à cet appel et chacun d'eux lui envoya une troupe d'hommes pour lui venir en aide, si bien que Yousaro dut insister auprès d'eux pour les empêcher de se porter en masse ostensiblement pour combattre l'ennemi.
Les habitants de Dienné restèrent dans cette situation critique durant quatre mois, sans savoir à qui s'adresser, ni à qui entendre.' Chaque jour on ne recevait que de mauvaises nouvelles qui ne pouvaient que briser le cœur. Le meurtre du Djinni-Koï avait, en effet, porté à son paroxysme la colère des Soudaniens et ils avaient juré que si les gens de Dienné ne leur livraient pas le caïd Mellouk pour le tuer et venger leur chef, ils se rendraient eux-mêmes à Dienné et
y tueraient tous les blancs appartenant au Makhzen, mais sans faire de mal aux autres.
L'inquiétude et l'angoisse étaient grandes parmi la population de Dienné lorsque, durant la dernière décade du mois de djomada II (2-1 1 janvier 1633), arriva le caïd Ahmed-ben- Hammou-ben-'Ali que le pacha So oud avait nommé caïd de Dienné en remplacement de Mellouk qu'il avait révoqué. Ce fait changea la face des choses et ouvrit la porte à une amélioration de la situation et à l'emploi de la clémence. Les gens ayant dit que c'était le caïd Mellouk seul qui avait fait tuer le Djinni-Koï, le pacha avait révoqué ce caïd et aussitôt le ressentiment des gens de Dienné commença à mollir. Puis le caïd Ahmed sut par des cadeaux et de bonnes paroles si bien calmer la colère des habitants qu'ils oublièrent leurs griefs et n'y songèrent plus. Toutefois ces événements nuisirent aux Marocains dans l'esprit de la population qui dorénavant les méprisa.
Pendant la dernière décade du mois sacré de dzou'1-qâda (28 juin-7 juillet 1633) je fis un voyage au Massina pour y rendre visite à mon ami, le cadi Seyyid Mohammed-Sanba et au sultan Hammedi-Amina, selon l'habitude que j'en avais prise. Je me trouvai auprès d'eux le l*"" du mois sacré de dzou'l-hiddja (vo .), terminant l'année 1042 (8 juillet 1633), et le }our de rahreuvemeni^ (15 juillet) j'étais de retour à Dienné, porteur d'une lettre que m'avait confiée le sultan Hammedi-Amina, pour la remettre au caïd Ahmed-ben-Hammou-ben-'Ali.
Cette lettre avait trait à un serviteur du prince, un nommé Djorno-Koudj, chef des écuries, qui, ayant encouru la colère du prince, s'était enfui dans le pays de Dienné auprès de Djàdji-ould-Hammedi-'Aïcha. Une longue et constante
1 . Nom donné à une d-s cérémonies du pèlerinage de La Mecque qui a lieu le 8 du mois de dzou'l-hiddja.