Ou : lac de Kalikoro
384 HISTOIRIî: du SOUDAN
« Notre façon de faire ne doit pas être celle des gens de loi. » Alors le caïd lui enjoignit de se rendre lui-même au rendez-vous et celui-ci partit, emmenant avec lui le lieutenant-général Mohammed-El-Hindi avec un certain nombre de soldats (yo>) et de suivants. Voyant cela, le messager de Hammedi-Amina s'écria : « C'est là une idée funeste, le prince n'acceptera jamais cela. » Puis, comme il ne voulait pas se laisser devancer par eux auprès du prince ni faire autre chose que ce qui lui avait été ordonné, il prit les devants en toute hâte et arriva avant les lieutenants-généraux au lieu du rendez-vous. Là, il trouva le prince qui était campé et lui raconta ce qui se passait. Celui-ci entra alors dans une violente colère. « Quelle chose pousse donc ces gens à vouloir suivre une voie qui n'est pas la leur? Il ne s'agit pas ici d'une question dans laquelle il y a à faire usage de l'autorité souveraine, mais bien de moyens jiu'idiques, puisque c'est une simple conciliation à opérer entre deux personnes. »
Le prince ordonna à son messager de retourner vers le cadi et de lui dire : « Il ne doit venir chez moi que deux personnes : Abderrahraan et un autre notaire. » Le messager devait également ajouter ces mots : « N'est-ce donc pas ton père le cadi Mousa-Dâbo et ses notaires qui sont venus à So'a trouver mon grand-père quand il se produisit un conflit entre lui et son frère Ilammedi-'Aïcha, père de ce même Djâdji, et qui ont opéré leur réconciliation? »
Le messager repartit aussitôt, taudis que le prince et son armée se mettaient en marche en ayant soin de s'écarter de ja route suivie par les lieutenants-généraux. Le messager répéta au cadi les paroles du prince. « Il a raison, répondit le cadi en entendant ces mots, et tout ce qu'il dit n'est que l'exacte vérité. » Puis il fit connaître la chose au caïd qui nous donna l'ordre de partir et nous convînmes avec lui