CHAPITRE TRENTE-CINQUIÈME
de nous mettre en route après la prière de l'après-midi. Quand les lieutenants-généraux eurent appris que le prince avait changé son itinéraire, ils prirent, eux aussi, un autre chemin afin de le rejoindre, ce à quoi ils n'arrivèrent qu'après beaucoup de fatigues et bien des difficultés. Mais le prince refusa de les laisser s'approcher de lui, à plus forte raison de les voir; arrivé à Ouaba, il campa dans cette localité et quand sa tente y fut dressée il y entra. Aussitôt les deux lieutenants-généraux qui l'avaient rejoint en cet endroit avec leur suite et qui étaient exposés en plein soleil demandèrent une audience au prince. Celui-ci refusa de les recevoir, puis, après la prière de l'après-midi, il sortit de sa tente, monta à cheval et passa auprès des Marocains, qui étaient assis sur le sol, sans les saluer.
Ensuite, il envoya son frère Selâma'* vers la citadelle de la ville à la tête d'une troupe nombreuse. Le lieutenant-général Mohammed-El- Hindi, qui était très hardi, monta aussitôt à cheval et rejoignit le prince : « 0 Fondoko, lui dit-il, à en juger par ce que nous voyons, tu n'es venu ici que pour combattre les gens de Dienné. S'il en est ainsi, tu ne dépasseras pas ce lieu sans nous avoir combattu les premiers tout d'abord ». Le prince, à ce moment, se décida à leur adresser la parole; il les salua et revint avec eux vers (ver) sa tente où il les fit entrer.
Quant à nous, nous fîmes la prière de l'après-midi et nous nous disposions à nous rendre auprès du prince, comme il l'avait demandé, quand, à peine sortis de la porte du château, nous rencontrâmes la cavalerie de Selâma'. Celle-ci, répartie à droite et à gauche, prête à attaquer et à lancer des javelots et des flèches^, était arrivée jusqu'aux portes de la citadelle. Pris de craintC;, nous retournâmes sur nos pas.