‹ Tarikh es-SoudanChapitre 320 sur 405 · CHAPITRE TRENTE-CINQUIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE TRENTE-CINQUIÈME

était ainsi, répliqua le pacha, pourquoi donc les envoyés du prince ne sont-ils pas venus me rendre visite, me saluer et m'offrir l'hospitalité? » Aussitôt le caïd Ahmed m'avait envoyé quelqu'un pour me dire d'avertir le prince qu'il eût à faire parvenir en toute hâte et diUgence la difaau pacha et de ne pas désigner pour cette mission d'autre personne que le Konboma'. Les choses furent ainsi faites : le Konboma' apporta la difa, salua le pacha, fit des vœux pour lui, renouvela avec lui le pacte d'alliance et l'accompagna jusqu'à la ville de Kouua où il prit congé de lui. Le pacha fit ensuite mander auprès de lui le jurisconsulte Mohammed- Sâdi pour faire la paix avec lui. Mohammed se rendit au camp, fit sa paix avec le pacha qui lui fit présent d'un vêtement.

Le dernier jour du mois de dzou'l-hiddja (26 juin 1634), le Djinni-Koï, Mohammed-Konbaro, fils du Djinni Koï, Mohammed-Yenba, fut révoqué. Le premier jour du mois sacré de moharrem, premier mois de l'année 1041 (27 juin 1634), Abdallah, fils du Djinni-Koï Abou-Bekr, remplaça Mohammed-Konbaro dans ses fonctions de Djinni-Koï. Le lendemain, Mohammed-Konbaro rentra à Tombouctou, emmenant avec lui mon frère Abdelmoghîts ; il l'avait fait embarquer sur la chaloupe du Trésor et l'avait recommandé aux bons soins du trésorier, le cheikh Bosa. Je- m'embarquai avec eux ce jour-là et allai jusqu'au bourg de Doboro* où je fis mes adieux à mon frère.

Dans la matinée du jour de son départ de Dienné, le pacha So'oud éprouva les premiers symptômes de la maladie dont il devait mourir. Comme il ne pouvait plus supporter le voyage à cheval, il prit place dans une embarcation au moment où moi-même je rentrais à Dienné. Arrivé à la ville

1, Ou : Dabina ou Dobono.

de Kouna, le pacha reçut la nouvelle de la fuite de l'amin, le caïd Abdelkader-El-'Imrâni qui s'était enfui pendant la seconde décade du mois de dzou '1-hiddja (8-17 juin 1634). Sa maladie empira gravement (vol) par suite des soucis et des angoisses que lui occasionna cette nouvelle.

La fuite de l'amin avait eu lieu dans la deuxième décade du mois sacré de dzoul-hiddja ; elle était motivée par la mauvaise foi, le désordre et la vilenie qui régnaient parmi la population. Le caïd Abdelkader se rendit auprès du marabout Seyyicl 'Ali, prince du Sâhel, auprès de qui il trouva un excellent accueil et grands égards ; il y demeura honoré et à l'abri de tout danger.

Le pacha parvint à Tombouctou toujours malade. En arrivant au port, il ordonna à mon frère, Abdelmoghîts, de se rendre dans la maison de son père* et d'y habiter. Puis il investit des fonctions d'amin le hâkem Ahmed-ben-Yahya eu remplacement deEl-'Imrâni.Ce fut le jour même de son arrivée à Tombouctou, le 13 du mois de moharrem (9 juillet \ 634), qu'il nomma Ahmed-ben-Yahya amin. Enfin, sa maladie s'aggravant, il mourut durant la première décade du mois derebi' P"" (25 aoùt-3 septembre 1634). Il fut enterré dans la mosquée de Mohammed-Naddi. Sur la désignation de l'armée, les fonctions de pacha furent dévolues à ce moment à Abderrahman, fils du caïd Ahmed-ben-Sa'doun-Ech-Chiâdemi.

Le dimanche, 27 du mois de djomada II de cette même année (18 décembre 1634), je quittai la ville de Dienné pour me rendre à Tombouctou, afin de m'occuper de la situation de mon frère Abdelmoghîts et d'obtenir par mes instances qu'il revînt habiter à Dienné dans sa maison. La nouvelle lune du mois de redjeb l'unique (20 décembre

i. F.a maiscn <lu père de l'auteur était à Tombouctou.

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