‹ Tarikh es-SoudanChapitre 321 sur 405 · CHAPITRE TRENTE-CINQUIÉMK · texte numérisé non relu

CHAPITRE TRENTE-CINQUIÉMK

1634) cipparut au moment où nous nous dirigions vers le lac de Dibo et nous mouillâmes à Kabara dans la soirée du 2 (22 décembre). Enfin j'entrai dans Tombouctou, ma ville natale, le dimanche, 5 du mois précité (25 décembre 1634).

.l'y fus bien accueilli et avec de grands égards. Quand je fus arrivé auprès du pacha et que je l'eus salué, il me souhaita la bienvenue, me traita avec distinction et me dit ces choses aimables au sujet de mon frère : « Il est innocent de tout ce dont l'ont accusé des délateurs tarés; tout cela n'est que mensonge et calomnie. » Il m'assura ensuite qu'il lui rendait toute sa liberté, qu'il l'autorisait, si Dieu voulait, à retourner chez lui et il ajouta : « Celui qui l'a dénoncé au pacha So'oud s'était uniquement recommandé de moi et c'est moi qui lui ai donné l'ordre de quitter Dienné. Ce n'est donc pas en réalité mon prédécesseur qui lui a infligé cette disgrâce, mais moi-même. Il serait inique de ma part, à si peu de distance de sa mort, de dénigrer la mémoire de celui que j'ai remplacé » (vov). Je le remerciai alors et lui récitai la fatiha.

Dieu fit que nous découvrîmes le dénonciateur de mon frère et que nous sûmes qui il était; grâce à la volonté divine, cet homme subit un sort plus cruel que celui qu'il avait fait infliger à mon frère. Dieu brise l'aiguillon des gens pervers; louanges lui soient rendues à lui, le Maître des mondes.

Dans la soirée du lundi, 27 de ce mois (16 janvier 1635), l'askia Mohammed-Benkan fut révoqué, et le mercredi, dernier jour du mois de redjeb Tunique (18 janvier), 'Ali-Senba fut nommé askia à sa place.

Après la prière de l'après-midi, le vendredi, 2 du mois de cha'ban (21 janvier 1635), je quittai Tombouctou pour retourner à Dienné où, grâce à Dieu, le Maître des mondes,

j'arrivai heureux et sain et sauf dans le courant de la deuxième décade du mois.

Dans la matinée du vendredi, 13 du mois sacré de moharrem, le premier des mois de l'année 1045 (29 juin 1635), mourut le cheikh, le jurisconsulte, le très docte cadi, Abou'l- Abbâs-Sidi-Ahmed-ben-Anda-Ag-Mohammed-ben- Ahmed (Dieu lui fasse miséricorde et nous fasse profiter de ses bénédictions!); il eut pour successeur dans ses fonctions de cadi le jurisconsulte, le cadi Mohammed, fils du jurisconsulte, de l'imam, Mohammed-ben-Mohammed-Koraï.

Au cours de la première décade du mois de safar de cette année (17-26 juillet 1635), mourut le pacha Abderrahman; il fut enterré dans le cimetière de la grande-mosquée. Il avait exercé ses fonctions durant onze mois. Il fut remplacé à cette même date, par le pacha Sa ïd-ben-'Ali-El-Mahmoudi. Celui-ci révoqua l'askia 'Ali-Senba, qui avait conservé ses fonctions pendant cinq mois et quelques jours, et replaça Mohammed-Benkan dans le poste d'askia.

Ce fut sous le gouvernement de ce pacha que vint à Tombouctou Tira-Afarma-Isma'ïl, le frère de l'Askia-Daoud, fils de Askia-Mohammed-Bâno, fils de Askia-Daoud. Craignant que son frère ne le tuât, il était venu demander au pacha Sa'id de lui fournir un corps de troupes afin de détrôner son frère et de prendre sa place. Comme Askia-Mohammcd-Benkan, à titre de conseil, l'engageait à n'en rien faire. Tira ne voulut rien entendre et, plein de colère, il assura qu'on lui avait dit qu'il n'y avait d'autre personne l'ayant desservi auprès des gens du Makhzen que Taskia Mohammed lui-même. En entendant ces paroles, Mohammed-Benkan se décida h l'aider auprès (voa) du pacha Sa'id et réussit à lui faire obtenir ce qu'il désirait.

En conséquence le pacha écrivit aux gens de Kâgho, leur donnant l'ordre de fournir à Tira le nombre de soldats né-

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