‹ Tarikh es-SoudanChapitre 324 sur 405 · Ou : Asina · texte numérisé non relu

Ou : Asina

3. Il s'agissait de régler les cadeaux à faire aux messagers qui apportaient les insignes.

tageuse pour chacun d'eux, puis prenant les devants, je me rendis à Dienné dans la première décade du mois de chaouâl (5-14 février 1633). Là, je racontais au caïd ce qui s'était passé et il en fut extrêmement joyeux. Il me donna alors un coupon de khomâchi* en m'enjoignant d'en faire des vêtements pour mes enfants.

Ce fut au cours de ce mois que commencèrent à Dienné une série de calamités ; il y eut une disette excessive telle qu'on n*en avait jamais vu de semblables. Cette disette, allant sans cesse croissant, se répandit par toutes les provinces et toutes les contrées. Elle atteignit une intensité si grande qu'une femme mangea son propre enfant. Dieu seul sait le nombre de gens qui périrent de faim. On était tellement épuisé et sans forces qu'on ne s'occupait plus de rendre les derniers devoirs aux morts, si bien que là oii un homme mourait on l'enterrait, que ce fût dans une maison ou dans la rue, sans laver le corps ni prononcer aucune prière. Cela dura environ trois ans, puis, grâces en soient rendues au Maître des mondes, la disette cessa.

Le caïd 'Ali-ben-Rahmoun renvoya au pacha Mesa'oud les messagers de celui-ci qui l'avaient accompagné à Dienné, et, sur l'ordre du pacha, il leur confia le soin d'emmener le caïd Mohammed-Et-Târezi. Aussitôt qu'ils eurent quitté la ville, les messagers enchaînèrent le caïd Mohammed, et c'est dans cet état qu'ils l'amenèrent dans la salle du conseil du palais du gouvernement, ainsi que le pacha leur en avait donné l'ordre. Le caïd ordonna de conduire le prisonnier dans la ville de Okondo^ qui servait de lieu d'exécution pour ceux qui avaient encouru sa colère. Mohammed-Et-Târezi fut tué eu cet endroit et son corps jeté dans le Fleuve. Ceci se

1. Les dictionnaires ne donnent aucun renseignement sur celle étoffe.

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