Ou : Kalinko
CHAPITRt; TRENTE-CINQUIÈME 413
Le lieutenant-général Mohammed-ben-Roiih, en son nom et en celui de tous les lieutenants-généraux, écrivit aussitôt au pacha pour l'informer de la venue parmi eux à Keren, des gens de Kala, ajoutant qu'il était très heureux de la façon dont les choses s'étaient passées en cette circonstance . 11 demanda en outre qu'on lui envoyât un renJbrt d'hommes, principalement des soldats d'infanterie. C'est moi qui rédigeai cette lettre adressée au pacha.
Quant à la cavalerie que le Sana-Koï et le Farko-Koï avaient amenée avec eux, ils l'envoyèrent au pacha et à l'askia et en même temps ils leur écrivirent une lettre pour leur présenter leurs salutations et leurs vœux, ajoutant qu'ils viendraient les voir en personne aussitôt que Ton aurait mis la main sur le rebelle Hammedi-Amina. De mon côté j'adressais également une lettre dans laquelle je disais au pacha que si j'avais fait ce voyage, c'était dans le désir de lui rendre visite et de le saluer, mais que, pour l'instant, je ne voyais pas le moyen d'y arriver, parce que (tVN) je devais suivre les gens de Kala dans leur expédition.
A ce moment, le pacha était campé à Youar. Il envoya aux lieutenants-généraux les renforts d'hommes qu'ils avaient demandés et mit à leur tête l'askia El-Hadj-Mohammed-Benkan et le lieutenant-général Ahmed, fils du pacha Ali-ben-Abdallah-Et-Telemsâni. Ces renforts nous arrivèrent à Keren le vendredi, 17 du mois ci-dessus indiqué (22 juillet 1644).
Dans la nuit du samedi, 18 de ce mois (23 juillet), on reçut la nouvelle de l'endroit où se trouvait Hammedi-Amina. Quant à la réconciliation dont il avait été question avec le Farko-Koï, on n'y pouvait plus songer maintenant que Hammedi-Fâtima avait été nommé sultan du Massina.
Dès le lendemain matin, dimanche, les troupes se mirent en marche tandis que nous remontions dans nos barques
pour retourner à Kala. Mes amis nous avaient dit de les attendre dans la ville de Zâgha jusqu'à ce qu'ils vinssent nous y retrouver. Nous partîmes donc chacun de notre côté et nous arrivâmes à Zàgha le mardi, 21 dans la soirée (26 juillet), où nous restâmes à attendre pendant quatre jours.
Dans la soirée du samedi, 25 de ce mois (30 juillet), le Sana-Koï et le Farko-Koï me firent dire de me rendre à Nourinsanna, la résidence du Sana-Koï sur le bord du Fleuve, en face de sa capitale', et de les attendre en cet endroit, parce que, au moment où ils s'occupaient d'atteindre le but qu'ils poursuivaient, ils avaient été empêchés par la pluie d'arriver à destination. Je revins donc sur mes pas et arrivai à Nourinsanni le mercredi, dernier jour du mois, après la prière de l'après-midi (3 août). Je débarquai aussitôt et me rendis à Chibla, que j'atteignis vers le coucher du soleil. J'informai les habitants que le Sana-Koï et le Farko-Koï étaient en bonne santé et leur dis tout le bon accueil que leur avaient fait le pacha et l'askia. La population fut très heureuse de cet événement car il n'y avait eu que moi seul qui avais pu rentrer dans la ville^ jusqu'au moment où les sultans arrivèrent en cet endroit.
Le mois s'acheva et la nouvelle lune du mois de djomada II eut lieu un jeudi. L'expédition revint peu après sans avoir pu trouver en quel endroit était Hammedi-Amina. Enfin, le lundi, 11 du mois (14 août 1644), le Sana-Koï et le Farko-Koï arrivèrent dans leur capitale. Nous apprîmes ensuite que Hammedi-Amina était dans le-paysde Faï-Sandi, contrée qui sépare le territoire de Kala de celui de Qayâka (tvt). Les deux sultans m'enjoignirent alors d'écrire à Faï-
1. C'est-à-dire que sa résidence était sur la rive opposée à celle qu'occupait sa capitale.
2. En d'autres termes, il était le premier qui apportât des nouvelles, aucun des autres personnages accompagnant le sultan n'étant revenu chez lui.