‹ Tarikh es-SoudanChapitre 340 sur 405 · Autrement dit : « sans passer par le purgatoire · texte numérisé non relu

Autrement dit : « sans passer par le purgatoire

Peudaiit que j'étais à Bina, avant de partir pour Dienné, on y reçut la nouvelle que les fétichistes (du Bambara) étaient allés à Chibla, que la population tout entière s'était enfuie de la ville, le Sana-Koï comme les autres, et que les païens avaient tout détruit pierre par pierre, sauf la mosquée et la maison dans laquelle j'habitais (le Ciel soit loué de nous avoir épargné l'attaque de ces impies). Peu après, ils agirent de même vis-à-vis du Farko-Koï et de façon plus vive encore.

Quand le pacha Mohammed-ben-Mohammed-ben-'Otsmâu était revenu à Tombouctou de son expédition contre le Massina, tandis que les gens de Dienné rentraient à Dienné, il destitua de ses fonctions de caïd de cette dernière ville le caïd Abdallah, lils du pacha Ahmed-ben-Yousef (vvn) qui avait occupé ce poste pendant deux ans et quelques jours. Le pacha enjoignit alors aux gens de Dienné de lui envoyer' le lieutenant-général Mohammed-ben-Ibrahim-Chimirro . Ceci se passait à la date du mardi, l" du mois de nioharrem (27 février 1645). Aussitôt que cet ordre parvint à Dienné, le Heutenant-général Mohammed susnommé se rendit auprès du pacha qui l'investit des fonctions de caïd ; le nouveau caïd s'en retourna ensuite à Dienné où il arriva le lundi, IS'' jour du mois de rebi' I", le septièrne jour de la Nativité (14 mai 1645).

Le Fondoko du Massina, Hammedi-Amina, avait écrit aux gens* de Dienné, leur demandant d'user de leur influence en sa faveur pour négocier la paix entre lui et le pacha Mohammed-ben-'Otsmàn. A la démarche par écrit que firent les gens de Dienné le pacha répondit en disant qu'il acceptait cette intervention et qu'il tiendrait compte de leur démarche,

1. Les textes mss, et l'imprimé portent : « leur envoyer », ce qui est une erreur évidente,

2. Ce mol « gens », je le rappelle, s'applique presque toujours aux seuls Marocains, sans comprendre les indigènes.

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à la condition toutefois que le cadi du Fondoko, sa mère et son frère* viendraient se rendre auprès de lui. Les gens de Dienné firent connaître ces conditions au Fondoko par un messager qu'ils lui envoyèrent. Dans la soirée du dimanche, 8 du mois de djomada P'"(2 juillet 1645), le messager fut de retour annonçant que le cadi allait venir, mais qu'il était impossible à la mère et au frère du Fondoko de se rendre auprès du pacha.

En effet, le dimanche, 22 dumois (16 juillet), le cadi du Fondoko arriva à Dienné. Il eut une entrevue, dans la maison du caïd, avec le cadi de Dienné et les lieutenants-généraux : là on se concerta sur les conditions de paix que l'on proposerait par écrit au pacha. Puis le lundi, 7 du mois de djomada II (31 juillet), le cadi du Massina quitta Dienné poui' se rendre à Tombouctou, accompagné de deux notaires du cadi de Dienné. Le pacha fit bon accueil à ces personnages; il accepta les conditions de la paix et les ratifia. Le jeudi, 21 du mois de cha'ban (12 octobre 1645), le cadi du Massina était de retour à Dienné et quittait ensuite cette ville pour rentrer au Massina, le jeudi 28 du même mois (19 octo" bre); il emmenait avec lui un des fonctionnaires du Makhzen et la paix fut alors conclue définitivement.

Le lundi soir, avant-dernier jour du mois de chaouâl (17 décembre 1645), mourut à Dienné le chérif Yousefben-'Ali-ben-El-Mezouâr (Dieu lui fasse miséricorde et nous soit utile, grâce à lui dans ce monde et dans l'autre. Amen!).

Le samedi soir, 9 du mois sacré de dzou-'l-hiddja, le dernier des mois de l'année 1055 (26 janvier 1646), mourut, dans la ville de Bîna, notre confrère Mohammed-ben-El- Amin-Ko'ti. Les prières mortuaires furent faites sur lui dans

1. On ne sait, parle texte, s'il s'agit de la mère et du frère du Fondoko ou de la mère ou du frère du cadi. Cette dernière hypothèse paraît moins vraisemblable que la première que j'ai adoptée.

le mosalla, le (limanche matin (Dieu lui fasse miséricorde et efface ses fautes!).

Le vendredi soir, 7 du mois sacré de moharrem, commençant Tannée 1056 (23 février 1646; (rvv), mourut, dans la ville de Bîna, notre confrère El-lmam-ben-El-Hàdj-Seniber- Ed-Deradji. Je lavai moi-même son corps. Les prières dernières furent dites pour lui dans la matinée du samedi (Dieu lui fasse miséricorde et lui fasse la grâce de lui pardonner!).

Le lundi, 6 du mois de rebi' l" (22 avril 1646), mourut notre confrère et ami Seyyid El-Hasen-ben-'Ali-El-Kâteb*; il fut enterré dans le cimetière de la grande mosquée.

Ce même jour, le pacha Mohammed-ben-Mohammed-ben- "Otsman expédia à Dienné un messager qui était chargé de se rendre auprès du caïd Mohammed-ben-Chimirro, du lieutenant-général Mohammed-ben-Rouh, du lieutenant-général Abdallah- El-Harrâr, du lieutenant-général Mahmoud-ben- Ahmed^, du lieutenant-général Ahmed-ben-Belqâsem-El- Màssi et du lieutenant-général Ahmed-ben-Dahman^-El-IIâhi, afin de leur enjoindre de se rendre à Tombouctou auprès de lui .

A cette époque j'étais à Bîna. Quand le messager du pacha arriva à Dienné, le samedi, 18 de rebi' P' (4 mai 1646), les personnages dont je viens de parler m'écrivirent le dimanche et messager et lettre me parvinrent dans le milieu de l'après-midi. Dès le lendemain, lundi, je quittai Bîna, mais nous dûmes coucher deux nuits en route à cause de la baisse des eaux. Enfin j'arrivai à Dienné dans la matinée du mercredi. Le jeudi, 23 du mois (9 mai), après la prière du dohor, l'envoyé du pacha et moi,

1. Ce dernier mot signifie : « le secrétaire »; il pourrait ne pas faire partie du nom de Kl-Hasen-ben-'Ali et ôtre son litre. 13. Le ms. G ajoule : « bea-Mahmoud ».

3. Ms. G ('cril : jU^ « Halimâd », ce qui paraîfôtre une erreur du copiste.

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