Ou : de Gourma
CHAPITKE TRENTE-CINQUIEME 431
passâmes la nuit du jeudi pour reprendre le lendemain notre marche dans la direction de Honbori.
En route nous rencontrâmes deux courriers nous annonçant la nouvelle de la fuite du Honbori-Koï. Il avait fui, avait-il dit, craignant les rigueurs du pacha. Vers la fin de la matinée du vendredi, 2 du mois de djomada II (6 juillet), nous campâmes à Honbori et, le lendemain, un messager du Honbori-Koi venait solliciter du pacha l'aman pour son maître. Celui-ci lui ayant accordé l'aman, le Honbori-Koï vint se présenter à hii. Le pacha lui imposa une redevance sur les cultures, les esclaves et les pièces d'étofles'.
Déjà le Honbori-Koï avait commencé à s'acquitter de cette redevance, lorsque, pris de peur de nouveau, il s'enfuit. Comme d'ailleurs il était loin de s'entendre avec les habitants de sa capitale, ceux-ci, dans un commun élan d'indignation, demandèrent au pacha de le révoquer et de le remplacer par son frère Yousef, le fils de Honbori-Koï Moiisa-Kirao. Le pacha accéda à leur requête; le nouvel Honbori-Koï paya toute la redevance imposée à son prédécesseur révoqué et donna même davantage. Pendant que l'on était encore là, le pacha envoya un corps de cavalerie razzier les Foui ânes; cette expédition réussit et ramena comme butin un certain nombre de bœufs.
Après être restés dans cette localité pendant dix jours, nous la quittâmes le soir du jeudi, 15 du mois (18 juillet), pour nous diriger sur Tombouctou. Avant de partir, les soldats avaient vendu aux gens de Honbori leurs mules, leurs ânes, leurs bagues, leurs croissants^ leurs gilets et d'autres choses encore, contre de faibles quantités de grains, tant on avait souffert de la disette de vivres au cours de cette expédition.