CHAPITRE TKENïE.CINQUIP:mE
Achorro. 11 attaqua toutes les populations qui se trouvaient là, Arabes et Touareg, et s'empara de leurs troupeaux, qu'il chassa devant lui. Les victimes de cette agression suivirent le pacha pendant quelque temps, puis, craignant d'être vaincues par lui, elles s'en revinrent en arrière. Cela se passait pendant le mois de ramadan de cette année (26 jnillct- 25 août 1653). Ce fut également pendant le même mois que le Djinni-Koï Ankaba'la' se révolta contre la garnison de Dienné; il alla s'établir dans la ville de (^hio, chez Sûtonka- Ghima. Puisse Dieu faire que tout ceci se termine bien pour tout le monde!
Le vendredi, 7 du mois de rebi' Il (6 mars 1653), mon frère, le jurisconsulte Mohammed-Sa'di, fils de mon père^ Abdallah-ben-'Imrân, arriva dans le port de Kabara. Il venait de Dienné pour se faire opérer de la cataracte par le médecin Ibrahim-Es-Soussi qui était arrivé dans cette ville. Il entra à Tombouctou le vendredi soir et reçut l'hospitalité du pacha Ahmed, fils du pacha Haddou qui le logea chez lui, le traita avec égards et eut pour lui les attentions les plus délicates.
Le médecin pratiqua l'opération et Dieu voulut que mon frère fût délivré de son mal et qu'il passât des ténèbres à la lumière. Mon frère resta ensuite trois mois et quatre jours à Tombouctou. Le pacha Ahmed donna de sa poche au médecin trente-trois mitsqal d'or et un tiers. Au moment de retourner dans son pays à Dienné, mon frère reçut du pacha quarante barres de sel et un cadeau consistant en un superbe costume. Puis il quitta Tombouctou après la prière de l'aurore, le lundi, 13 du mois de redjeb l'unique, de l'année ci-dessus indiquée (9 juin 1553). Sa mère ne de-