‹ Tarikh es-SoudanChapitre 374 sur 405 · CHAPITRE TRENTE-SEPTIEME · texte numérisé non relu

CHAPITRE TRENTE-SEPTIEME

tou. Sa lignée du côté paternel remontait à un Chebbàiii' qui avait suivi les troupes du Makhzen; il avait rendu des services au Makhzen, et s'était élevé peu à peu à une haute situation. Le pacha Seliman, après avoir fait de lui le hàkem de Tombouctou, lui donna les mêmes fonctions à Dienné. Il n'y resta que quarante jours, après quoi il mourut ensorcelé suivant les uns, victime du mauvais œil suivant d'autres. C'était un homme au teint brun, de belle apparence, haut de taille et solide de corps.

Les fonctions de hâkem furent alors attribuées au tyran, au débauché Ahmed-El-Bordj ; il les conserva jusqu'à l'arrivée du pacha Mahmoud-Lonko qui le destitua à cause de ses iniquités et de sa tyrannie, et lui donna pour successeur Mansour-Es-Sousi. Elles furent ensuite {r^^) données personnellement" par le sultan MaulayAbou-Fàrès à Merrâkech au caïd Ahmed-ben-Yousef-El-'Euldji qui, revenant au Soudan, révoqua Mansour et prit possession de son poste qu'il garda jusqu'en l'année 1019(26 mars 1610-16 mars 1611). A ce moment le caïd 'Ali-ben-Abdallah-Et-Telemsâni vint dans la ville de Dienné ; il révoqua le hâkem pour mettre à sa place le thâleb Mohammed-El-Belbâli ; en même temps il nomma aux fonctions de caïd de la ville^ Ahmed-ben-Bou-Sa'ïd qui, trois mois après, fut atteint d'aliénation mentale et quitta ce poste, tandis que El-Belbâli conservait le sien pendant sept mois; il fut alors révoqué, puis Ali-ben-Sinân fut nommé caïd et El-Belbâli reprit ses fonctions de hâkem une deuxième fois, quand Ali-ben-Sinân eut été à son tour révoqué. Il

i. C'est-à-dire originaire de la tribu des Chebbàna, tribu marocaine bien connue.

2. Auparavant les nominations des hâkems avaient été faites par le pacha luimême sans l'intervention du souverain marocain. Il semble qu'il s'agit ici d'un cas isolé.

3. Le caïd d'une ville était le chef militaire de cette ville; mais le litre de caïd seul était un simple grade dans l'armée.

conserva alors ce poste environ cinq ans, tout le temps que le pacha 'Ali-ben-Abdallah fut au pouvoir.

Lorsque Ahined-ben-Youssef fut nommé pacha il révoqua El-Belbâli et nomma à sa place Ahmed-Bella qui ne réussit pas dans ce poste et fut révoqué au bout de sept mois. 11 nomma Mellouk-ben-Zergoun caïd; celui-ci fut destitué de cet emploi par le pacha Haddou, qui nomma alors caïd des troupes Abdallali-ben-Abderrahman-El-Hindi taudis qu'il investissait Mellouk-ben-Zergoun des fonctions de hâkem. Ces deux fonctionnaires demeurèrent ainsi jusqu'à Tavènement au pouvoir du pacha Mohammed-El-Màssi. A ce moment lo caïd Abdallah se révolta contre le pacha au point qu'il faillit y avoir une véritable révolution ; Dieu heureusement étouffa ce feu, mais le pacha révoqua le caïd ainsi que le hâkem Mellouk.

Les fonctions de hâkem furent confiées par le pacha Mohammed à 'Ali-ben-'Obeïd et cela au moment de ces jours critiques et pénibles qui suivirent la famine qui venait de se produire. Le hâkem éprouva de graves difficultés dans sa gestion, mais grâce à son zèle et à ses efforts il arriva au bout de six mois à payer en entier les appointements des troupes et à leur fournir leurs vivres. Cela fait, il demanda son changement que le pacha El-Mâssi lui accorda. Yousef-ben-'Omar-El-Qasri fut ensuite nommé caïd ; après être resté à ce poste une année, quatre mois et vingt jours, il arriva à la dignité suprême ' à Tombouctou, grâce à la volonté du Créateur à qui appartiennent la puissance et la volonté.

Aussitôt élevé au rang de pacha, Yousef nomma le caïd Mellouk caïd de Dienné. Après avoir conservé ces fonctions pendant une année complète, Mellouk fut destitué et rem-

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