‹ Tarikh es-SoudanChapitre 385 sur 405 · CHAPITRE TRENTE HUITIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE TRENTE HUITIÈME

med-ben-Mousa avait écrit, lui aussi, dans le même sens; mais les Cheraga avaient refusé de lui obéir malgré les lettres réitérées qu'ils avaient reçues à ce sujet. Lorsque le pacha apprit que le lieutenant-général était avec eux, il adressa à ces Cheraga messages sur messages, pour leur interdire de ramener avec eux à Tombouctou, mais ils ne tinrent aucun compte de cette interdiction et passèrent outre. Quand cette seconde fraction des Cheraga fut près de la ville de Tombouctou, l'autre fraction, qui l'avait précédée, prit les armes pour s'opposer à leur entrée dans la ville tant qu'ils auraient le lieutenant-général avec eux. Dès que la seconde fraction des Cheraga approcha de la ville, l'autre fraction, restée d'abord sur la défensive, l'attaqua et un combat eut lieu où ils faillirent périr tous jusqu'au dernier. La seconde fraction s'établit alors dans l'île' où elle est encore actuellement. On chercha vainement un moyen de rétablir la paix entre eux, on n'y parvint point.

Le samedi, 14 du mois de dzou'l-qa'da (26 septembre 1654), il arriva une lettre du caïd Ali qui était à Dienné. Il annonçait que le lieutenant-général Mousa s'était rendu à Bina auprès du Djinni-Koï lorsqu'il avait reçu la lettre de Yousara dans laquelle on lui disait de venir pour conclure la paix avec le Djinni-Koï. Le lieutenant-général avait entamé des pourparlers à ce sujet ; il avait accepté ses propositions et lui avait donné l'ordre de se rendre soit à Dienné, soit à Kanba'a pour y habiter: mais le Djinni-Koï n'avait accepté pour le moment aucune de ces deux résidences, disant seulement : « Je le ferai plus tard, s'il plaît à Dieu » . Toutefois il fit cesser l'obstruction des routes. Les Ouankoré se rendirent alors à Dienné et tout le monde eut désormais la liberté d'aller et de venir.

Le samedi, 7 du mois derebi' I" de l'année 1065 (15 janvier 1655), le lieutenant-général Mohammed-El-Arbi se mit

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