‹ Tarikh es-SoudanChapitre 387 sur 405 · CHAPITRE TRENTE- HUITIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE TRENTE- HUITIÈME

avait produit des sommes considérables. Les gens de Dienné demandaient dans leur lettre aux gens de Tombouctou de venir à leur secours.

Les troupes qui étaient à Tombouctou furent très vivement contrariées de cela et faillirent éclater de colère. Elles décidèrent de se rendre avec toutes les forces dont elles disposaient au secours de Dienné. Mais les chefs de l'armée traînèrent les choses en longueur et firent si bien, qu'on se contenta d'envoyer un détachement. On équipa donc un détachement de quatre-vingts hommes ; ceux-ci se mirent en route, mais, arrivés au port, ils se querellèrent entre eux parce qu'il leur sembla que leurs chefs n'étaient point partisans de ce (vYo) voyage. Ils refusèrent donc de marcher et les soldats qui étaient restés dans la ville firent cause commune avec eux.

Ceci se passait le samedi, 9 du mois de redjeb l'unique (15 mai 1655). ils déposèrent le pacha Mohammed-ben- Mousa qui était resté en fonctions neuf mois et cinq jours ; ils révoquèrent le lieutenant-général Abdelkerim, le lieutenantgénéral Mohammed-El-Djesîm, leur huit bachoud et leurs gens de service'.

Puis, le même jour, ils procédèrent à de nouvelles élections. S'étant mis d'accord pour choisir le caïd Mohammedben-Ahmed-Sa'doun-Ech-Chiâdemi, ils le nommèrent pacha. C'était ce caïd qui leur avait été envoyé ce jour-là par le pacha Mohammed-ben-Mousapour tenter défaire la paix avec eux ; ils le prirent et l'investirent contre son gré des fonctions de pacha. Ce sera, s'il plaît à Dieu, un homme béni. Puisse Dieu lui inspirer le bien et la vérité, et rétablir la concorde grâce à lui et par son intermédiaire.

Aussitôt nommé, le nouveau pacha écrivit aux Cheraga qui s'étaient enfuis dans le pays de Bara et leur enjoignit de

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