CHAPITRE SEPTIÈME
savants, de pieux personnages, des gens riches de toute race et de tout pays s'y fixèrent : il y en avait de l'Egypte, de Audjela, du Fezzân, de Ghadamès, du ïouât, du Dra\ du Tafilalet, de Fez, du Sous, de Bitou, etc..
Tout cela se transporta à Tombouctou peu à peu et finit par s'y concentrer entièrement ; en outre, toutes les tribus des Senhâdja se joignirent à ces éléments de la population. La prospérité de Tombouctou fut la ruine de Biro. Sa civilisation lui vint uniquement du Maghreb, aussi bien sous le rapport de la religion que sous le rapport des transactions. Au début, les demeures des habitants consistaient en enclos d'épines, enpaillottes; puis elles se transformèrent en huttes d'argile. Enfin la ville fut entourée de murs très bas, en sorte que du dehors on voyait ce qui se passait au dedans. On bâtit ensuite une grande mosquée suffisante pour les besoins, puis la mosquée de Sankoré* ; celui qui (tv) alors se tenait à la porte de la ville ^ voyait ceux qui entraient dans la grande mosquée, tant à cette époque la ville avait peu de murs et de constructions . Ce fut seulement à la fin du ix'' siècle que la prospérité de la ville prit définitivement son essor; l'enchevêtrement des maisons et la continuité des constructions ne s'acheva que dans le milieu du x^ siècle, sous le règne de Askia-Daoud, fils de l'émir Askia-El-Hâdj- Mohammed.
Ainsi qu'il a été dit précédemment, la première dynastie qui régna à Tombouctou fut celle des gens de Melli ; elle dura cent ans^ à partir de l'armée 737 (1336-1337). Les Touareg Maghcharen dominèrent ensuite durant quarante ans à partir de l'année 837 (1433-1434); après eux, vint