‹ Tarikh es-SoudanChapitre 52 sur 405 · CHAPITRE NEUVIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE NEUVIÈME

sance du Coran et du notariat * (Dieu lui fasse miséricorde !).

Trois des petits-fils par leur mère du précédent. Ces cheikh-al-islam, ces savants imams furent : le jurisconsulte Abdallah ; le jurisconsulte El-Hâdj-Ahmed et le jurisconsulte Mahmoud, tous trois fils du jurisconsulte 'Omarben-Mohammed-Aqit. Le savant en Dieu, le pôle Sidi Mohammed-El-Bekri, a dit en parlant de ces trois personnages : « Ahmed fut un saint; Mohammed fut un saint; Abdallah fut un saint. Ce dernier serait bien connu (comme saint) s'il n'avait vécu dans un village^ ; car il demeura àTâzekhta jusqu'à sa mort. Il avait recommandé que son corps ne fût -lavé par personne, si ce n'est par son disciple Ibrahim, grand-père de Habib-ben-Mohammed-Baba. Quand Ibrahim vint pour accomplir sa besogne funéraire, il trouva une lampe allumée auprès du défunt. 11 dit alors aux membres de la famille : « Où donc (r\) est le chapelet du cheikh? » On le lui apporta. Alors il fit éteindre la lampe et mit le chapelet à sa place. Une vive clarté sortit de ce chapelet et illumina la pièce jusqu'à la fin du lavage du corps. El-Hâdj- Ahmed fut- un des pieux serviteurs de Dieu et un docteur prati(|uant.

Quant à Mahmoud, il est l'auteur de prodiges et de bénédictions nombreuses. Que de fois, invoqué dans les endroits déserts pour écarter un danger ou un accident, il est apparu et a dégagé celui qui l'appelait. Quand on eut enterré son frère aîné El-Hâdj-Ahmed (Dieu lui fasse miséricorde et nous aide à cause de lui !), il rentra chez lui si attristé qu'il ue prêta aucune attention aux gens qui venaient lui présenter leurs condoléances. Arrivé en face de la maison de Otsmâu-Thâleb, il poussa de profonds soupirs et s'écria:

1. 1,'arl de dresser les actes et contrats, qui fprnie une des branches du droit musulman.

2. Au lieu de cette phrase le texte dit simplement : « si ce n'étailqu'i! fùl dans un village ».

52 HiSTOlUE DU SOUDAIS

« Maintenant mon frère Ahmed m'a quitté, il est avec les anges. » Tout le monde comprit qu'il voyait les anges et que c'est pour cela qu'il était attristé. C'est là une sorte remarquable de prodige et de divination .

Le principal personnage qui assistait aux réunions de Mahmoud était le jurisconsulte El-]\losalli, dont le nom véritable était Anda-Ag-Mohammed-ben-Mellouk-ben-Ahmedben-El-Hâdj-Ed-Doleïrai de la famille de la Zaouïa au Maroc et qu'on appelait* aussi le grand-père maternel du jurisconsulte Mahmoud. Son surnom était El-Mosalli'' à cause des nombreuses prières qu'il faisait à la mosquée. Cet El-MosaUi a rapporté le fait suivant : J'avais formé le projet de demander au cheikh la main d'une de ses tilles et j'avais rédigé ma demande avec l'intention de la lui remettre lorsque toute l'assistance ordinaire se serait retirée et que nous serions en tête-à-tête. A peine étions-nous seuls, qu'il prit le premier la parole et dit : « Les oiseaux qui sont d'une même espèce sont les seuls qui volent ensemble. » Je compris alors qu'il avait deviné mon projet et je l'abandonnai . El-Mosalli (Dieu lui fasse miséricorde!) mourut en l'année 995 (1587) ; à ce moment le très docte, le jurisconsuhc, le cadi Abou-Hafs-'Omar, avait occupé deux ans les fonctions de cadi.

Abou - Hafs - Omar - ben - El - Hâdj - Ahmed-ben- Omar-ben-Mohammed-Aqît, le grammairien ; il louait sans cesse le Prophète matin et soir et chaque jour de ramadan^ il lisait en entier dans la mosquée de Sankoré le livre de Ech'Chifa. Il était bienveillant pour sa famille et très attaché à ses proches, s'informant de leur santé et les visitant

i. C'esl-à-dire qu'au lieu de l'appeler par son nom on disait, en pariant de lui : le grand-pt're de Mahmoud.

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