‹ Tarikh es-SoudanChapitre 55 sur 405 · CHAPITRE NEUVIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE NEUVIÈME

0 nos chers amis, par Dieu ! je suis fidèle à ma promesse ; mon amitié pour vous est toute mon amitié, et mon affection à votre égard, toute mon affection.

Je n'ai pas oublié la douceur des jours où nous étions près les uns des autres, ni les moments que nous passions en propos gais ou sérieux.

Certes, je parle de vous et je m'adresse à Dieu pour qu'il vous accorde tout ce que vous désirez.

A tout moment béni, je lui demande de réaliser tout ce que vous souhaitez de ses larges faveurs.

Qu'il vous donne la vie, la foi ainsi qu'à vos enfants; et, tout ce que vous désirez de sa munificence, qu'il vous l'accorde sans bornes!

Les enfants du cheikh-el-islpm,la source des bénédictions le saint de Dieu, le jurisconsulte, le cadi, Mahmoud-ben- 'Omar-ben-Mohammed-Aqît furent : le cadi Mohammed, le cadi El-'Aqib, le cadi Omar, le jurisconsulte Abdallah, le saint ascète, le jurisconsulte Abderrahman. La bénédiction de l'islam, le jurisconsulte 'Omar-Anda-Ag-Mohammed et le cheikh éminent, le jurisconsulte Baba-Masira-Bir ont dit : M Mahmoud-ben-'Omar ne nous a gratifiés que d'enfants vertueux. »

Le cadi Mohammed. — Cet illustre savant était d'une intelligence et d'une sagacité remarquables. De son vivant on ne trouva personne qui pût l'égaler en intelligence, en finesse et en bon sens. Il fut favorisé de la fortune (ri). Dès le lendemain du jour de sa naissance il eut en sa possession 1000 mitsqâls d'or provenant des dons offerts par ceux qui s'étaient réjouis de sa venue au monde, car il fut le premier enfant mâle de la source des bénédictions, le jurisconsulte Mahmoud.

Le cadi El-'Aqib. — Savant illustre, esprit pénétrant, homme énergique et ferme en matière d'équité, il ne redoutait aucune critique quand il s'agissait de ses devoirs envers Dieu. Il était d'une perspicacité remarquable et semblait lire dans l'avenir, car chaque fois qu'il annonçait une chose quelconque elle ne manquait pas de se produire. Il fit régne^

la justice dans tout son pays et, en aucun lieu du monde, il n'eut son pareil à cet égard.

Le cadi Abou-Hafs-'Omar. — Il se distingua dans la science des traditions, des biographies, des annales et de l'histoire. En droit il atteignit le plus haut degré de connaissances, au point qu'un cheikh de ses contemporains disait de lui : « S'il avait vécu au temps d'ibn Abd-es-Selâm à Tunis il eût mérité d'occuper dans cette ville les fonctions de mufti. »

Abdallah fut un savant jurisconsulte et professeur. — Malgré les grandes richesses dont Dieu l'avait gratifié, à ce point qu'il ignorait le montant de sa fortune, il se montra très sobre des plaisirs de ce monde.

Le vertueux cheikh, le saint, le bon conseiller, l'instruit en Dieu, le fils du précédent, le dévot, le pieux, l'ascète, le modeste, le prédicateur Abou Zéïd-Abderrahman, fut un savant jurisconsulte qui dédaignait d'une façon si absolue les biens de ce monde, qu'il ne voulait même pas les détenir ne fût-ce qu'un instant. Il était doué de la seconde vue et les élèves de sa medrasa racontent, à ce propos, nombre d'anecdotes, entre autres la suivante qui a été bien souvent citée :

Lorsque l'armée du pacha Djouder sortit de la ville de Merrakech, Abou-Zéïd annonça cet événement le jour même où il se produisit, le mercredi, 2 du mois de moharrem, premier mois de l'année 999 (31 octobre 1590). Il le fit de la façon suivante : Lorsqu'il eut achevé avec tout le monde la prière du dohoi\ il s'assit dans sa medrasa et dit : « Par Dieu ! Par Dieu ! Par Dieu ! vous allez entendre cette année une chose que vous n'avez jamais entendue, et voir ce que vous n'avez jamais vu. » Au mois de djomada I""" de cette môme année (25 février-27 mars 1501), les troupes marocaiutts arrivaient au Soudan et y faisaient ce qu'on sait

Page 1