CHAPITRE NKUVIÈME
(Dieu nous préserve d'une nouvelle épreuve de ce genre !). Abon-Zéïd a à son actif nombre de prédictions semblables.
Le jurisconsulte, le savant, le divin, le saint vertueux Abou- l-Abbâs- Ahmed, fils du jurisconsulte Mohammed- Es-Sa ïd, petit-fils, né de la fille, du jurisconsulte Mahmoud ; il fut célèbre (vo) de son temps par son érudition, et une foule de savants maîtres de la science venaient assister à ses entretiens poiu' s'instruire à ses leçons. Parmi eux se trouvaient : le cadi Omar, fils du jurisconsulte Mahmoud, le jurisconsulte Mohammed-Baghyo'o-El-Ouankori, son frère le jurisconsulte Ahmed-Baghyo o, le jurisconsulte Koti, le jurisconsulte Mohammed-Kibba, fils de Djâber-Kibba, etc. Tous sont unanimes à témoigner de la science, de la maîtrise, de la réserve et de la vertu d'Abou 'l-'Abbàs(Dieu lui fasse miséricorde et perpétue ses bénédictions sur nous et sur les musulmans!).
Le petit-fils du précédent, le savant jurisconsulte Abou- Bekr-ben-Ahmed-ben-Bir, fils du jurisconsulte Mahmoud, fut un homme éminent, bon, pieux et vertueux, et cela depuis son jeune âge, ainsi que l'ont déclaré ses vertueux oncles paternels. Tout le monde fut d'accord pour lui faire présider la prière publique lors de la maladie de l'imam, du cadi El-'Aqib. Dieu lui fasse miséricorde!
Le jurisconsulte, le savant, le très docte, le joyau de son époque et l'unique de son temps, l'homme remarquable dans toutes les branches de la science, Abou-1- Abbas- Ahmed-Baba, iils du jurisconsulte Ahmed-ben-El-Hâdj- Ahmed-ben-'Omar-ben-Mohammed-Aqît. Il déploya le plus grand zèle et la plus vive intelligence dès le début de ses études, en sorte qu'il s'éleva au-dessus de ses contemporains et qu'il les dépassa tous de beaucoup. Il n'avait de controverses sur la science qu'avec ses maîtres et ceux-ci témoignèrent de son savoir. Sa valeur était célèbre au Ma-
ghreb et sa renommée se répandit au loin. Tous les docteurs des «grandes villes reconnurent sa supériorité en matière de fetoua. 11 était d'une justice rigoureuse même envers les plus humbles des hommes; il ne dissimulait jamais ce qui était juste, fût-ce aux émirs ou aux sultans. Le nom de Mohammed se trouvait écrit sur son avant-bras droit en traits blancs formés naturellement sur la peau. Tous ceux dont nous avons parlé depuis la biographie du cheikh béni, le jurisconsulte Anda-Ag-Mohammed le grand, jusqu'à ce moment, étaient de sa race bénie et de sa vertueuse famille (Dieu leur fasse à tous miséricorde, leur témoigne sa satisfaction et nous fasse profiter de leurs bénédictions en ce monde et dans l'autre!).
Quant au grand-père du jurisconsulte Mahmoud, Mohammed-Aqît, il était originaire du Mâsina. J'ai entendu dire au jurisconsulte Ahmed-Baba (Dieu lui fasse miséricorde!) que « Mohammed-Aqît ne quitta le Mâsina pour aller à Biro que par suite de la haine des Foulani \ qui habitaient dans le voisinage de son habitation, qu'il était certain qu'il n'y avait jamais eu de mariage entre sa famille et les Foulani (x'"^), mais qu'il craignait que ses enfants ne fissent pas de même, et qu'ainsi leur lignée fut mélangée de sang foidani. »
Plus tard, il éprouva le désir d'habiter Tombouctou. C'était à l'époque où le sultan Akil régnait. Il quitta Biro, vint établir sa tente entre Biro et Bas-el-ma, et comme il causait avec le grand-père de Masira-Anda-'Omar, ce dernier lui dit: « Qui t'empêche d'aller dans cette ville? — C'est, répondit-il, qu'entre Akil et moi il existe une vive inimitié. — Eh! bien, si Dieu veut, reprit son interlocuteur, je serai la cause qui fera cesser cette inimitié et tu habiteras Tora-
1. Ou : PjuIs, Foulbés, qui ne sont que des orthographes différentes di| Qiûme mot.